Les motoneigistes doivent encore ronger leur frein avant de pouvoir donner libre cours à leur passion dans tous les sentiers de la région.

Après le verglas, la pluie!

La Tuque — La demande pour une bordée de neige en cadeau sera à la hausse sur la liste du père Noël. D’un bout à l’autre de la région, où on se désole de voir tomber la pluie, on espère que Dame Nature va finir par collaborer pour lancer de façon définitive la saison de motoneige. Quelques dizaines de centimètres de neige seraient les bienvenus à l’aube d’une période où l’achalandage est à la hausse dans les sentiers.

«Notre souhait, c’est de déballer un cadeau de Noël et de dire que les sentiers sont ouverts», assure Michel Lebrun, responsable des communications du Club de motoneige de la Mauricie.

Son voeu, il est partagé par les autres clubs de la région qui ont, eux aussi, l’impression que le ciel leur tombe de nouveau sur la tête.

«On attend que ça arrête et après, on va aller constater les dégâts. On venait de finir le bûchage de la tempête de l’autre fois. On attendait de la neige pour tout baliser… et là, ça semble être le retour à la case départ», mentionne le vice-président du Club de motoneige du comté de Champlain, François Massicotte.

À La Tuque, on s’est assuré de taper le fond des sentiers jeudi puisqu’on se doutait fort bien que la machinerie ne sortirait pas en raison de la pluie. Les dirigeants du club appellent à la prudence pour les irréductibles qui seraient tentés d’aller dans les pistes.

«C’est considéré comme fermé. Il n’y avait déjà pas beaucoup de neige dans les sentiers. Avec cette pluie-là, ça va être excessivement dangereux. Tant que la pluie va continuer, on demande aux gens de ne pas aller dans les sentiers. C’est praticable, mais on ne le conseille vraiment pas», insiste Claude Gagnon, président du Club motoneige La Tuque.

«On va réévaluer les sentiers, et mettre à jour les états des sentiers sur notre page Facebook. Tant qu’il ne tombera pas de nouvelle neige, il n’y aura pas de surfaçage. On n’a pas le choix, on est à la merci de la température. C’est plate avant les Fêtes, ce n’est vraiment pas l’idéal. Malheureusement, c’est hors de notre contrôle», ajoute-t-il.

On essaie tout de même de sortir le positif de tout ça. Au Club de motoneige de la Mauricie, où on attend lundi pour faire le point sur la situation, on préfère se débarrasser de la pluie maintenant.

«C’est mieux que ça tombe là qu’entre Noël et le jour de l’An. Si le froid reprend, ça va nous donner un peu espoir. Ça pourrait faire des sentiers plus durs et faire un bon fond pour continuer la saison. C’est notre prétention à nous. Il faut être positif. On souhaite ouvrir la majorité de nos sentiers lundi», a indiqué Michel Lebrun.

«C’est un peu désolant ce matin, mais on pense que ça n’aura pas trop d’impact, il fait tellement doux que la pluie va s’en aller dans le fond. Par contre, ç’aurait été beaucoup mieux une bordée de neige plutôt qu’une bordée de pluie», a pour sa part commenté Marie-Josée Marineau du Club Mattawin.

On pense toutefois que la situation pourrait être plus difficile dans le sentier en direction de Saint-Michel-des-Saints.

«On avait 7 ou 8 kilomètres qui étaient occupés par les forestiers jusqu’au 14 décembre. C’est certain que l’épaisseur de neige dans ce coin-là est beaucoup moins épaisse qu’ailleurs. C’est ce bout-là qui va être problématique après la pluie selon moi», a ajouté Mme Marineau.

«On venait de finir le bûchage de la tempête de l’autre fois. On attendait de la neige pour tout baliser… et là, ça semble être le retour à la case départ.»

Au club Mattawin, on avait surfacé la grande majorité des pistes, mais comme dans les autres clubs, il reste encore des branches et des arbres qui bloquent des sentiers.

«On en avait énormément aussi, mais c’est presque terminé. On fait notre maximum, mais c’est difficile. Les bénévoles ne sont pas nombreux à Mattawin. Ils ont de la misère à en avoir en ville, alors imaginez. On travaille fort là-dessus», a-t-elle conclu.

Rappelons qu’une tempête de neige du 27 novembre, qui a causé de nombreuses pannes électriques en Mauricie, avait aussi fait tomber de nombreuses branches et arbres dans les sentiers.

Certains clubs avaient dû sortir l’artillerie lourde et faire appel à de nombreux volontaires pour dégager les pistes.