Jean-François Blais et sa conjointe Isabelle Viviers se joindront à l’équipe de SISMYK.
Jean-François Blais et sa conjointe Isabelle Viviers se joindront à l’équipe de SISMYK.

Après La Voix: une nouvelle aventure s’amène pour Jean-François Blais

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Yamachiche — C’est une toute nouvelle aventure qui attend le réalisateur Jean-François Blais lorsque le rideau tombera sur la populaire émission La Voix, dans quelques semaines. L’homme originaire de Louiseville prendra un nouveau chemin et deviendra officiellement vice-président au contenu et producteur exécutif associé chez SISMYK, la branche musicale de la boîte de production ComediHa!

On doit notamment à SISMYK la venue sur les Plaines d’Abraham d’artistes de renommée mondiale comme Madonna et Céline Dion, mais également la production des spectacles de la Fête nationale depuis les dernières années. Un concept sur lequel Jean-François Blais a pu travailler avec carte blanche depuis cinq ans, dont la dernière édition, pandémique rappelons-le, diffusée en direct de l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières et qui a fait la fierté de toute la région de la Mauricie.

Jean-François Blais ne s’en cache pas: la pandémie l’aura fait réfléchir sur un paquet de trucs. Déjà, quelques semaines avant le confinement, il annonçait officiellement refuser l’offre qu’on lui faisait de mener l’aventure Star Académie à la réalisation, lui qui compte à son actif un paquet de succès dont neuf saisons de En direct de l’univers de même que la réalisation de la plupart des grands galas québécois à la télévision, du Grand Blond, de L’Écuyer et de Belle et Bum.

«J’étais fatigué. Je voyais le beat de vie dans lequel j’évolue depuis longtemps et j’avais envie d’autre chose. La pause du confinement a été bénéfique», confie celui qui en a profité pour déménager ses pénates à son chalet de Yamachiche, redevenu depuis sa résidence principale.

«Je vais bientôt avoir 50 ans. J’ai travaillé fort toute ma carrière, je me suis donné sur un paquet de projets, mais je n’ai pas eu le temps de développer mes affaires. Là, c’est ce qu’on m’offre, de développer mes idées. Je n’ai pas envie de prendre un format qui existe, j’ai envie d’inventer des choses», raconte-t-il.

Le spectacle de la Fête nationale 2020 aura eu sa place dans cette importante réflexion, lui qui a réalisé une fois de plus la grande liberté créative qu’il pouvait avoir en se voyant confier de pareils mandats. Ce nouveau départ marque également un tournant dans la carrière de sa conjointe et partenaire dans tout, Isabelle Viviers, qui le suivra chez SISMYK à titre de productrice développement et contenus.

«Il y a quelque chose de le fun de s’ancrer quelque part, et de faire éclore et exploser des projets. Sylvain (Parent-Bédard, président-fondateur de ComediHa!) m’a toujours donné une grande liberté pour les spectacles de la Fête nationale, j’ai toujours eu carte blanche avec lui. Il a un désir d’expansion pour SISMYK et nous a donné ça, il nous propose de faire grandir ce bébé-là», explique Jean-François Blais, qui se dit également heureux de pouvoir agir aussi sur la gestion de l’entreprise et le comité de direction.

Mais en quoi l’idée de se lancer dans le monde du développement de projets musicaux télévisuels et scéniques a quelque chose de sexy en cette période où le monde du spectacle essaie de se maintenir la tête hors de l’eau? «Présentement, le mode spectacle n’existe à peu près pas. C’est une période très difficile pour la scène, mais c’est aussi une période intéressante pour la création, et je suis là-dedans. Je vais sortir gagnant de cette pause, et quand on sera prêt à repartir, moi je serai plus que prêt», renchérit-il, se gardant bien de révéler quelque secret que ce soit sur ses futurs concepts.

La Voix

La transition vers SISMYK marquera aussi la fin de son aventure avec La Voix, qu’il a réalisée pendant deux saisons. TVA a déjà annoncé que le concept prenait une pause.

La saison actuelle aura été tout sauf ordinaire. Le confinement a forcé l’arrêt momentané de l’émission pour un retour en ondes à l’automne... sans nécessairement plus de facilité. «Au printemps, on s’est bien rendu compte un moment donné qu’il fallait tirer la plogue. On pensait revenir à l’automne et que ce serait redevenu normal. Nous sommes revenus à l’automne, oui, mais il n’y a rien de normal», évoque le réalisateur qui, souvent à quelques heures d’avis a dû changer énormément de choses, allant du simple port du masque pour toute l’équipe à l’adaptation du spectacle à l’absence d’un public, et à des familles de participants qui assistaient en mode virtuel.

«Je constate plus que jamais que j’ai une bonne capacité d’adaptation. Ça nous a demandé beaucoup de résilience, ça génère parfois de l’anxiété, mais on s’adapte», considère le réalisateur, qui rappelle que La Voix n’est pas bien différente de tous les milieux de travail du monde qui ont dû composer rapidement avec plusieurs contraintes pour pouvoir continuer d’opérer.

Yamachiche

L’avènement du télétravail a officiellement ramené Jean-François Blais vers Yamachiche au cours des dernières semaines. Devant la possibilité de pouvoir désormais travailler de la maison, en s’accommodant de temps à autre d’une chambre d’hôtel pour avancer les projets, Jean-François et Isabelle ont vendu le condo montréalais, et font désormais le pari que c’est avec la vue quasi panoramique sur le fleuve et le lac Saint-Pierre qu’ils continueront d’évoluer dans le métier.

«On a toujours été bien ici, et j’ai toujours voulu y revenir pour mes vieux jours. Je n’ai que 49 ans, mais j’ai dit à Isabelle que c’était un rodage pour notre retraite», lance-t-il en riant, rappelant que de toutes ses collaborations avec SISMYK, sa présence permanente dans les bureaux de l’entreprise n’a jamais été nécessaire. «Et on a toujours livré la marchandise à la hauteur des attentes», fait-il remarquer.