Comme en attestent les marques sur ses murs, l'eau est montée de plus d'un mètre dans le sous-sol de Serge Perron.

Après la tempête… leur sous-sol inondé

TROIS-RIVIÈRES — Après avoir dû pelleter toute la journée, vendredi, des résidents de la rue Charon, à Trois-Rivières, ont passé leur soirée… à écoper. En effet, le bris d’un aqueduc a causé l'inondation du sous-sol de deux maisons, causant d'importants dégâts.

Serge Perron a constaté, impuissant, la montée des eaux dans son sous-sol. «Des meubles flottaient, le sable est remonté par le drain... on dirait que j’ai une hutte de castor dans mon sous-sol! L’eau est montée à un bon quatre pieds. Tout est ‘’scrap’’ au sous-sol. Je voyais la guitare que je me suis achetée quand j’avais 16 ans flotter sur l’eau», raconte ce résident de la rue Charon.

Le bris est survenu vers 20 h, vendredi soir. Selon la Ville de Trois-Rivières, c’est le bris d’une conduite principale qui a causé ces dégâts, affectant deux résidences. L’eau est ensuite remontée dans les tuyaux d’égout de quelques résidences, deux selon la Ville et au moins trois selon des sinistrés. Des équipes des travaux publics ont été dépêchées afin de corriger la situation. La rue Charon est partiellement fermée, une large tranchée empêchant la circulation des véhicules là où la conduite a cédé.

Les dégâts dans son sous-sol s'élèvent à plusieurs dizaines de milliers de dollars, selon Serge Perron.

M. Perron ne sait pas encore quel montant représentent les dégâts dans son sous-sol. Il s’attend toutefois à ce qu’il s’élève à plusieurs dizaines de milliers de dollars. «J’ai parlé à un représentant de mon assurance qui m’a dit que ça va sûrement dépasser le maximum pour lequel je suis couvert, soit 30 000 $», indique-t-il.

M. Perron prend toutefois ce malheur avec un grain de sel, se disant qu’au moins, les conséquences ne sont que matérielles. Les pompiers de Trois-Rivières ont en effet dû couper l’électricité, de crainte que l’eau n’atteigne le panneau électrique du sous-sol.

«Rapidement, quand l’eau a commencé à monter, ça a commencé à sentir le chauffé. Ma femme a tout de suite appelé le 911 et les pompiers sont venus. Ils ont tout coupé par précaution», explique-t-il.

Des équipes des Travaux publics de la Ville de Trois-Rivières ont dû creuser une large tranchée afin de localiser la conduite brisée et de la réparer.

«Je suis découragé»

Un autre résident affecté par le bris de la conduite et qui a souhaité garder l’anonymat était moins optimiste que M. Perron. «Je suis découragé. On a essayé de sauver les meubles et la collection de livres de mon fils, qui habite au sous-sol, mais on n’a pas pu tout monter. Au début, ça montait lentement, mais à un moment donné, ça s’est mis à refouler par la douche, la toilette et l’évier du sous-sol. L’eau est montée très rapidement, jusqu’aux poignées de porte. Dans la rue, l’eau sortait en geyser», raconte le septuagénaire.

Celui-ci s’attend par ailleurs à devoir changer le moteur de son système de chauffage à l’huile, ainsi que ses chauffe-eau. L’électricité chez lui a également été coupée par les pompiers. Dimanche, un électricien avait accepté d’installer des prises de courant temporaires à l’étage, afin que les occupants de la maison puissent rester au chaud, mais refusait de rebrancher l’électricité tant que le sous-sol n’avait pas été suffisamment aéré et séché.

Même s’il est extrêmement stressé par la situation, le septuagénaire se dit reconnaissant pour l’empathie dont ont fait preuve les pompiers et les divers intervenants avec lesquels il a été en contact. Il espère cependant que, vu que plusieurs résidents de sa rue ont subi le même sort que lui, il n’aura pas à se battre bec et ongles pour être indemnisé.

«Mon assureur me dit que vu que ce n’est pas un refoulement d’égout, puisque c’est l’eau de la canalisation principale qui est remontée par le système d’égout, je ne suis pas couvert pour ça. Je me suis déjà battu pour me faire indemniser par des assurances par le passé et là, rendu à 70 ans, je n’ai plus le goût de me battre avec la compagnie d’assurances ou la Ville pour savoir qui est responsable et qui doit payer pour les dégâts», soupire-t-il.