Les activités de tri de plastique vont bon train à l'usine de Yamachiche.

Après avoir frôlé la fermeture, l'avenir s'annonce bon pour RCM

Il y a un an presque exactement, on apprenait que les 210 employés du Groupe RCM allaient perdre leur emploi.
Des investissements trop importants dans le développement d'une nouvelle technologie destinée à recycler en résine réutilisable les emballages multicouches et les pellicules de plastique avaient placé l'entreprise d'économie sociale en état de précarité financière au point d'envisager la fermeture.
Le stress était à son comble parmi les employés du Groupe RCM dont plus de 70 % sont handicapés et peuvent difficilement trouver dans la région un autre travail adapté à leur condition.
En mars, à moins de deux mois de leur licenciement collectif, les employés du Groupe RCM avaient déposé une pétition de 3536 noms au bureau du député Jean-Paul Diamond, demandant au gouvernement de sauver les emplois.
Au mois de septembre suivant, le vent a finalement tourné en leur faveur. La ministre déléguée à la politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, s'est présentée à Yamachiche pour annoncer une contribution financière non remboursable de 500 000 $ et un prêt sans intérêt de 250 000 $ à RCM.
Du même coup, on annonçait l'arrivée d'un nouveau partenaire privé, Soleno, un des plus importants producteurs de drains agricoles au Canada.
Une nouvelle entité, nommée temporairement Soleno-RCM est en train de voir le jour depuis. Ce n'est que le 6 janvier dernier, en effet, que Soleno a finalement pris possession de l'usine de Yamachiche dont elle est désormais propriétaire à 60 %, ou du moins, elle le sera officiellement dès qu'Investissement Québec enverra la confirmation de la subvention de 500 000 $, confirmation attendue autour du 24 février prochain, indique le directeur général du Groupe RCM, Michel Camirand.
La création de l'entité Soleno-RCM ne fait pas disparaître RCM du paysage, bien au contraire. «RCM existe encore. On possède 51 % de Récupération Mauricie et 40 % du capital action de Soleno-RCM, de même que 100 % de notre atelier de la rue Père-Daniel à Trois-Rivières», indique M. Camirand.
D'ailleurs, le siège social du Groupe RCM est déménagé à cet endroit, précise-t-il. Une dizaine d'employés y travaillent aussi à récupérer du papier de bureau et des livres.
Le Groupe RCM «loue» 69 employés à Soleno pour les activités de l'usine de Yamachiche et «loue» aussi 80 employés à Récupération Mauricie qui travaillent au Centre de tri de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie à Saint-Étienne-des-Grès.
Pour l'instant, l'entité Soleno-RCM continue les opérations de tri et de fabrication de flocons de plastique à Yamachiche. Toutefois, le projet de fabrication de pastilles de résine à partir des emballages multicouches et de pellicules de plastique n'est pas mort. En fait, le plan présenté à Investissement Québec afin de poursuivre cette activité à l'usine de Yamachiche parlait d'un investissement nécessaire de 1,3 million $, rappelle M. Camirand.
Bien entendu, avant d'injecter une telle somme, il reste à faire des analyses de coûts, des projections financières et encore de la recherche pour améliorer la technologie.
Notons que les emballages multicouches de type Tetrapak représentent présentement un problème majeur pour Recyc-Québec puisqu'ils ne sont recyclables à aucun endroit au Canada présentement. Les pellicules de plastique, comme les sacs d'épicerie, par exemple, représentent aussi un grand casse-tête pour l'industrie du recyclage.
Forte de sa nouvelle association, RCM voit maintenant l'avenir avec optimisme, indique M. Camirand.