Stéphan Desrochers, agent de communication et intégration au SANA de Trois-Rivières, et Yiwei Zhou et Rachel Mashanga, bénéficiaires des services du SANA, ont fait de belles prises à Sainte-Anne-de-la-Pérade.
Stéphan Desrochers, agent de communication et intégration au SANA de Trois-Rivières, et Yiwei Zhou et Rachel Mashanga, bénéficiaires des services du SANA, ont fait de belles prises à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Apprivoiser la culture locale une prise à la fois

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE — On pourrait difficilement imaginer dépaysement plus total pour une Congolaise, débarquée à Trois-Rivières il y a à peine quelques semaines, qu’une journée de pêche aux petits poissons des chenaux. Rachel Mashanga affichait cependant un air enjoué et une certaine expertise, vendredi, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, tandis qu’elle décrochait ses nombreuses prises des lignes qu’elle sortait de l’eau glacée. La pêcheuse d’un jour répondait à une invitation du Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières, en compagnie de quatre autres néo-Trifluviens, venant de la République centrafricaine, de la Colombie et de la Chine.

Il s’agissait aussi d’une première pour le SANA de Trois-Rivières, qui n’avait jamais convié ses bénéficiaires à une telle activité. L’idée en était une d’apprentissage culturel, mais aussi d’une occasion supplémentaire de briser l’isolement, explique Stéphan Desrochers, agent de communication et intégration au SANA. «Vous savez, seulement la route entre Trois-Rivières et Sainte-Anne-de-la-Pérade, c’est déjà un voyage en soi», fait-il valoir.

Si l’expérience était unique pour eux, les nouveaux arrivants faisaient tout de même preuve d’aptitudes certaines. Les nombreuses prises en témoignaient d’ailleurs. On estimait avoir déjà sorti quelque 200 poissons de la rivière, en milieu d’après-midi.

Pour Rachel Mashanga, la pêche abondante annonçait de bons repas à venir. La Congolaise a notamment l’intention d’apprêter le poisson à la façon du pays, avec du foufou, une pâte à base de racine de manioc.

La parenthèse de vendredi offrait à la demandeuse d’asile un peu de recul sur ses projets. Forte d’un parcours de militante, celle qui a dû fuir son pays à cause de tensions politiques entend bien jouer un rôle actif dans sa société d’accueil. Pour preuve, bien qu’elle ne soit au Québec que depuis deux mois, elle est déjà engagée dans l’organisation de la Marche mondiale des femmes du 8 mars prochain.

La nouvelle arrivante espère aussi décrocher un travail, une fois sa situation plus stable. Ayant travaillé pour l’ONU et différents ministères de son pays, la détentrice d’une formation en administration affiche beaucoup d’optimisme quant à la suite des choses.

De son côté, Yiwei Zhou poursuit présentement des études de baccalauréat à l’Université du Québec à Trois-Rivières en loisir, culture et tourisme. Au Québec depuis deux ans, la jeune Chinoise perfectionne son français et apprivoise la culture d’ici.

Le poisson étant une partie importante de la diète chinoise, Yiwei Zhou se réjouissait à l’idée d’apprêter ses prises pour accompagner des dumplings. Un repas qui servira à célébrer le Nouvel An chinois, qui arrive le 25 janvier.

Les bénéficiaires du SANA de Trois-Rivières étaient les invités de l’Association des pourvoyeurs de la rivière Saint-Anne.

Une saison de pêche qui prend son envol

La pêche abondante à laquelle ont eu droit les gens du SANA de Trois-Rivières reflète la tendance générale observée cette année, soutient Steve Massicotte, porte-parole de l’Association des pourvoyeurs de la rivière Saint-Anne.

Si le poisson est au rendez-vous, il aura tout de même fallu attendre un peu avant que le public se manifeste de manière conséquente. Bien que les conditions aient été idéales, avec une prise de glace sur la rivière dès le 16 novembre, les nombreux épisodes de pluie et le peu de neige dans la région métropolitaine envoyaient un message contraire, relate M. Massicotte. «Les gens avaient de la misère à comprendre qu’on était prêts», commente-t-il.

Les trois dernières semaines tendent toutefois à rattraper un peu le temps perdu et la plupart des pourvoyeurs affichaient complet pour la journée de samedi, avec encore un peu de place pour la soirée. Un bilan provisoire qui pousse Steve Massicotte à qualifier la saison en cours «de moyenne à bonne».

La pêche est ouverte jusqu’à la mi-février et demeure une activité à la portée des familles.