Le Zoo de Saint-Édouard est fermé depuis la perquisition menée en 2019 par la SPCA de Montréal.
Le Zoo de Saint-Édouard est fermé depuis la perquisition menée en 2019 par la SPCA de Montréal.

Application de la loi sur la cruauté animale: la pétition est retenue

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La pétition initiée par trois résidents de la Mauricie, demandant au gouvernement de réserver aux inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation le pouvoir d’appliquer la loi sur la cruauté animale, a porté ses fruits. Le gouvernement forme un comité réunissant le MAPAQ, le ministère de la Sécurité publique et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs afin de revoir le processus de nomination des constables spéciaux, un élément soulevé par cette pétition lancée à la suite de la perquisition menée par la SPCA de Montréal en mai 2019 au Zoo de Saint-Édouard.

Dans une lettre déposée jeudi à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, confirme qu’afin «d’évaluer si la méthode de nomination utilisée présentement est optimale et efficiente, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le ministère de la Sécurité publique et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs souhaitent poursuivre leurs discussions et leurs analyses conjointes».

La SPCA de Montréal a des constables spéciaux pour faire appliquer la loi sur la cruauté animale et a autorité à Montréal et dans un rayon de 200 kilomètres. Si jamais le gouvernement décide de réserver ce pouvoir aux inspecteurs du MAPAQ, comme le demande la pétition déposée en mai, la SPCA de Montréal perdrait ce pouvoir.

«Le MAPAQ est prêt à revoir le processus. Ça va aussi loin que les organismes de protection, comme la SPCA et la SPA, qui sont habiletés à appliquer le Code criminel (concernant la cruauté animale). Les ministères vont évaluer si cela est la solution optimale et ils vont aussi réfléchir à confier le mandat aux inspecteurs du MAPAQ», confirme Simon Allaire, député de Maskinongé à l’Assemblée nationale, à propos de cette pétition lancée par Annie Carle, Pamela Dubois et Yves Marin, du groupe Facebook Groupe de défense des propriétaires d’animaux.

M. Allaire précise que les ententes liant le gouvernement du Québec à ces organismes de protection pourront être revues par le biais de ce comité dont les travaux devraient s’amorcer dans les prochaines semaines.

Les initiateurs de cette pétition ont toujours basé leurs démarches en avançant une apparence de conflit d’intérêts émanant des agissements de la SPCA de Montréal.

«Je suis heureuse que le gouvernement ait vu ce qu’on a vu, dit Mme Carle. On se demande comment se fait-il que la SPCA soit juge et partie. On demande que les pouvoirs soient accordés aux inspecteurs du MAPAQ.»

«La SPCA est une organisation militante, pro végane, contre les zoos et les rodéos. La SPCA a le pouvoir de nous imposer son idéologie avec des pouvoirs de la police pour le faire. C’est un non-sens. Il faut être impartial», ajoute Mme Dubois.

Mme Carle est satisfaite de voir que cette démarche citoyenne a fait réagir le gouvernement.

«Il n’y a rien de gagné, mais le gouvernement aurait pu refuser notre pétition. Ça a fait bouger des gens. C’était notre but.»

«Je suis super contente que la pétition ne se soit pas retrouvée aux poubelles. Je vais être super contente quand la SPCA va perdre ses pouvoirs. Pour moi, la décision du gouvernement discrédite la SPCA dans ses agissements», clame Mme Dubois.

Refusant de qualifier les agissements de la SPCA dans la perquisition du Zoo de Saint-Édouard, le député Allaire estime qu’il est de bon augure de voir le gouvernement prendre le temps d’évaluer si les choses sont bien faites.

«Je suis très content de la décision. Ça me rassure dans le processus parlementaire quand une pétition est déposée.»

Invitée par Le Nouvelliste à commenter cette décision du gouvernement, la SPCA de Montréal a décliné l’offre.