Le maire de Louiseville Yvon Deshaies

Annulation temporaire de la pénalité pour retard de paiement de taxes à Louiseville: «C’est une mesure qui va aider»

LOUISEVILLE — Afin de permettre à des citoyens de souffler un peu en cette crise économique causée par la COVID-19, la Ville de Louiseville annule temporairement la pénalité habituellement exigée pour tout retard de paiement de taxes.

Cette mesure qui représente plusieurs milliers de dollars pour la Ville de Louiseville est en vigueur du 24 mars au 11 mai. Aucun avis de rappel ne sera envoyé à la population n’ayant pas acquitté leur versement du 4 mars.

Le maire, Yvon Deshaies, espère que cette mesure saura soulager quelque peu des citoyens en difficulté financière en raison d’une perte d’emploi soudaine, car habituellement, le taux d’intérêt annuel associé à cette pénalité est de 15 %.

«C’est une mesure qui va aider. Je suis proche du peuple, je réponds aux gens. Et il y en a qui vont avoir de la misère à arriver. Une personne me l’a dit, elle ne sait pas comment elle va arriver. Ça va prendre combien de temps avant qu’elle ait une paie (une prestation de l’assurance-emploi)? Deux, trois semaines? Tout ça n’était pas prévu, car il y avait de l’ouvrage en masse. Mais en l’espace de 24 heures, tout ferme. Personne n’a vu venir ça. Durant la semaine de relâche, les gens étaient en vacances. Quatre jours après, le trouble a commencé à sortir. C’est dur», raconte le maire de Louiseville.

En plus du premier versement de mars, les deux autres versements sont fixés au 4 juin et au 4 septembre. Étant donné que la mesure temporaire prend fin le 11 mai, les gens qui ne paieront pas en totalité le versement du 4 juin subiront une pénalité.

M. Deshaies est bien conscient que cette mesure s’applique uniquement aux soldes impayés en date du 23 mars. Mais il ne ferme pas totalement la porte à une extension de ce délai.

«On y va avec ce que le gouvernement Legault annonce. On suit ce qu’il dit. On verra», indique le maire qui invite toutefois les contribuables capables d’honorer leurs paiements à temps à le faire.

La fermeture imposée par Québec à toute entreprise dont l’activité est jugée non essentielle fait mal à l’économie du Québec et Louiseville n’est pas épargnée. Les nombreuses usines de fabrication de meubles font la renommée de Louiseville et de la circonscription de Maskinongé, mais leur fermeture vient mettre en chômage plusieurs centaines de travailleurs, sans compter les employés qui oeuvrent notamment dans les commerces.

«Les gens à Québec et à Ottawa travaillent fort. Mais je suis un gars réaliste. On ne sait pas combien de temps va durer la crise. Je dis bon courage à ces gens. Et aux chefs d’entreprises, je leur lève mon chapeau. Des casse-tête, vous en avez certainement plus que moi. Je sympathise avec vous.»

Le maire reconnaît toutefois que les mesures annoncées par les gouvernements sont nécessaires au contrôle de la propagation du «maudit COVID-19», selon son expression. Mais il invite ses concitoyens à suivre les règles et à faire preuve de courtoisie.

«Soyez respectueux, respectez les distances. C’est sérieux. C’est une question de vie ou de mort.»

Selon le maire, Louiseville respecte, en tant qu’employeur, les consignes imposées par le gouvernement. L’hôtel de ville est fermé aux visiteurs depuis la semaine dernière, mais le personnel est en poste et respecte les règles de distanciation sociale. L’aréna est aussi fermé et les employés œuvrent à distance raisonnable. Les services à la population sont donc maintenus.

«On se lave les mains, les gens qui doivent s’occuper de leurs enfants vont pouvoir travailler de la maison, les gens de la voirie travaillent dehors et font attention, énumère Yvon Deshaies. C’est le mot d’ordre.»

Cloches et sirène

Louiseville continue de faire sonner les cloches de l’église à 20 h en guise de solidarité durant cette crise. La Ville a aussi actionné la sirène des pompiers 15 minutes plus tôt, mercredi soir, pour appuyer les intervenants de première ligne durant cette crise et pour soutenir les personnes ayant perdu leur emploi.