Mélanie Ricard, trésorière et Laura Simard, présidente du RAAAE.

Animaux abandonnés et errants de la Mauricie: le réseau d’aide continue malgré des menaces

TROIS-RIVIÈRES — Les administrateurs du nouvel organisme Réseau d’aide aux animaux errants et abandonnés de la Mauricie entendent bien continuer leur mission malgré du harcèlement et des menaces reçus de la part d’un administrateur à qui ils ont récemment montré la porte.

Comme l’explique la présidente du RAAAE, Laura Simard, un des administrateurs ainsi que sa conjointe, bénévole au sein du Réseau, avaient en leur possession les factures et les contrats liant le RAAAE aux familles qui accueillent les animaux récupérés dans le but de leur trouver un foyer permanent.

Or, il appert que ces deux personnes auraient refusé de remettre ces documents de comptabilité aux autres administrateurs. «Ils mobilisaient la comptabilité», explique Mélanie Ricard, qui est maintenant trésorière de l’organisme.

«Il était important pour nous que tout soit transparent», explique-t-elle.

Les administrateurs ont donc décidé d’un commun accord d’enlever les accès à cette personne, le 7 juin dernier. Selon elle, c’est là que les choses ont commencé à mal tourner. L’ancien administrateur se serait mis à écrire des messages personnels de médisance envers le Réseau et ses administrateurs aux clients qui se montraient intéressés à adopter les animaux du Réseau. L’homme en question aurait même fait des menaces de mort à l’un des administrateurs. L’affaire est d’ailleurs entre les mains de la police, indique Mme Simard.

Les administrateurs aussi ont l’intention de poursuivre leur ancien collègue pour diffamation.

L’organisme a dû se servir notamment d’une page Spotted, sur Facebook, pour essayer de reconstituer la liste des familles d’accueil. À ce jour, tous les documents n’ont pas encore été récupérés.

Malgré ces difficultés, les administrateurs du RAAAE «entendent foncer la tête haute et continuer la mission», précise Mme Simard.

C’est que depuis que le RAAAE figure au Registraire des entreprises comme organisme sans but lucratif, de nombreux commerces et entreprises en démarrage de la région se joignent à lui, indique Mme Ricard, dont une entreprise de moulée et un refuge pour les reptiles.

Depuis qu’il a officiellement démarré ses activités, le Réseau s’est occupé de 181 animaux, en particulier des chats. Les deux tiers ont été adoptés, indique Mme Ricard. Une douzaine de bénévoles font également partie de l’équipe.

L’organisme, qui est à la recherche d’autres familles d’accueil, prévoit plusieurs activités de financement au cours de l’été, dont un lavothon et une vente de garage pour payer les soins aux animaux qu’il recueille et pour se renflouer également. L’organisation est en effet déficitaire de quelque 2500 $ et doit rembourser des soins vétérinaires ainsi que l’achat de t-shirts à l’effigie du Réseau.

Mélanie Ricard indique que l’objectif ultime est de démarrer une coopérative, d’ici trois ans, afin que les membres participent aux décisions de l’entreprise de manière transparente.

Le Réseau a vécu quelques conflits avec la SPA de la Mauricie, au départ, mais fait maintenant en sorte de n’intervenir que sur des territoires qui ne sont pas couverts par la SPA. «Dès septembre, nous aimerions nous rendre dans les écoles pour sensibiliser les enfants à la prévention des morsures», indique Mme Ricard qui est technicienne en santé animale.