Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Angers confiant de garder l’entente de réciprocité

SHAWINIGAN — La volonté de la Ville de Trois-Rivières d’imposer des tarifs supplémentaires aux résidents de l’extérieur pour l’utilisation de ses équipements supralocaux n’inquiète pas trop le maire de Shawinigan, Michel Angers. En fait, il s’attend à ce que l’entente de réciprocité convenue avec la direction des loisirs de la capitale régionale, l’an dernier, se poursuive.

En mission économique en France, puis en Chine depuis le 8 novembre, M. Angers suit de loin la démarche de l’administration trifluvienne, qui souhaite augmenter sensiblement les tarifs des résidents de l’extérieur qui utiliseront les infrastructures ayant un caractère supralocal sur son territoire dès l’an prochain.

Le maire de Shawinigan a joué le rôle principal dans le même genre de film à compter de l’automne 2015. Avec en main une étude de Raymond Chabot Grant Thornton, il avait invité une dizaine de représentants de municipalités environnantes pour leur suggérer de verser à la Ville un certain montant annuel pour compenser l’utilisation des arénas ou autres infrastructures de loisirs sur son territoire. De longues négociations n’avaient pas permis d’en venir à une entente, de sorte que finalement, le conseil municipal avait décidé de simplement hausser les tarifs aux résidents de l’extérieur.

Trois-Rivières empruntera visiblement cette voie. Le maire de Saint-Boniface, Pierre Désaulniers, souhaite aussi que les utilisateurs de l’extérieur contribuent, d’une façon ou d’une autre, à la pérennité de l’aréna. Louiseville vit la même situation.

Michel Angers n’en démord pas, la contribution des municipalités voisines s’avérait plus simple pour leurs citoyens, qui pourraient ainsi continuer à profiter des équipements supralocaux aux mêmes tarifs que les Shawiniganais. Sans surprise, il constate que l’enjeu se répand dans la région.

«On était les pas fins il y a quelques années, mais c’est une tendance qu’on observe dans l’ensemble du Québec», souligne-t-il. «Les Villes ont de grosses infrastructures dans lesquelles elles doivent investir de l’argent. Notre objectif était très simple: avoir une petite participation des autres municipalités, qui était loin, loin d’être le prix que ça nous coûte au total.»

«Nous sommes toujours prêts à discuter d’ententes intermunicipales», glisse le maire. «En attendant, nous avons imposé de nouveaux tarifs pour les non-résidents.»

Entente à finaliser

En septembre 2017, M. Angers avait annoncé une entente de réciprocité avec Trois-Rivières pour l’utilisation des équipements de loisirs à caractère supralocal, en vertu de laquelle les citoyens de chaque ville pouvaient s’inscrire aux activités de l’autre sans avoir à défrayer de surcharge de non-résident.

Or, la semaine dernière, la Ville de Trois-Rivières a fait connaître la liste des municipalités dont les utilisateurs seront touchés par les nouveaux tarifs. Shawinigan en faisait partie.

Il faut dire que l’an dernier, il s’agissait d’une entente administrative qui impliquait les deux directions des services des loisirs. Aucune résolution n’avait été adoptée par le conseil municipal pour sceller cette volonté.

«Des discussions sont à venir avec toutes les municipalités», rappelle Yvan Toutant, porte-parole du cabinet du maire à Trois-Rivières.

«L’an dernier, ce n’était pas vraiment une entente. Il y avait eu des discussions et les maires s’étaient mis d’accord sur une façon de faire, mais il n’y avait pas d’entente formelle. Ils sont d’accord sur le principe et maintenant, il faut finaliser le dossier. Nous nous assoirons avec la Ville de Shawinigan comme avec toutes les autres.»

M. Angers n’a pas sursauté en prenant connaissance de cette liste.

«Nous avions convenu qu’à mon retour de mission, nous allions arranger les affaires», explique-t-il. «Selon les discussions que nous avons eues, ça ne semblait pas poser problème. Nous avons sensiblement les mêmes infrastructures. Les grandes villes donnent le signal qu’il est possible de faire des ententes intermunicipales entre nos communautés. Nous sommes exactement dans la même situation.»