Yves Lévesque et André Noël

André Noël quitte le cabinet du maire

TROIS-RIVIÈRES — À peine quelques jours après sa nomination comme responsable des relations politiques au cabinet du maire de Trois-Rivières, l’ancien conseiller municipal André Noël quitte ses fonctions. M. Noël, qui invoque des changements dans son horaire personnel et professionnel, laisse du même coup la place à René Goyette, avec qui il devait partager la tâche au cabinet du maire, et qui prendra désormais le rôle de directeur de cabinet à temps complet. Une nouvelle qui n’a pas réjoui certains conseillers municipaux, qui clament aujourd’hui ne pas avoir confiance en René Goyette.

Étant donné que les fonctions de directeur de cabinet incluent également de devenir l’intermédiaire entre les conseillers municipaux et les différents services municipaux dont la mairie, ils sont plusieurs à avoir confié au Nouvelliste ne pas souhaiter faire affaire avec René Goyette, qu’ils estiment ne pas être digne de confiance. C’est que les relations entre René Goyette et certains élus issus de l’ancien conseil municipal et réélus en novembre dernier se sont visiblement envenimées durant la dernière campagne électorale, alors que René Goyette, qui avait choisi de ne pas solliciter de nouveau mandat, aurait travaillé en faveur de quelques candidats, et donc contre des anciens collègues qui ont depuis été réélus.
C’est notamment ce qui s’est produit dans le nouveau district De la Madeleine, où la conseillère municipale réélue Sabrina Roy a dû affronter le candidat Gaétan Laperrière. Or, ce candidat a obtenu l’appui de René Goyette, qui a travaillé pour sa campagne sans vouloir renouveler sa confiance en sa collègue des quatre dernières années. Une façon de faire qui a choqué le conseiller municipal de Châteaudun Luc Tremblay.
«Il a perdu ma confiance au moment de l’élection, où il a travaillé contre Sabrina Roy. J’ai trouvé ça cheap shot, surtout qu’il l’avait côtoyée pendant quatre ans. Sabrina Roy a fait un travail exceptionnel dans son district et j’ai trouvé ça inacceptable. Il aurait dû se garder une réserve. Je suis très mal à l’aise aujourd’hui de devoir travailler avec lui», lance Luc Tremblay, qui voyait en la nomination d’André Noël un intermédiaire en qui il pouvait avoir confiance. «J’espère ne pas avoir à faire affaire trop souvent avec M. Goyette, car ce sera très froid», ajoute M. Tremblay.
La principale intéressée, Sabrina Roy, est moins tranchante, même si elle reconnaît que sa confiance en M. Goyette a été ébranlée. «Je ne vis pas dans le passé, je me tourne vers le futur et j’avance. Mais M. Goyette a quand même appuyé publiquement un de mes adversaires lors des dernières élections, donc c’est certain que pour moi, la confiance est complètement à rebâtir», a-t-elle déclaré.
Même son de cloche pour le conseiller du district des Estacades, Pierre-Luc Fortin, qui avait déjà eu vent au moment des élections, comme plusieurs autres d’ailleurs, que le poste de chef de cabinet avait été promis à René Goyette. «J’avais prévenu le maire que René Goyette n’était pas le gars rassembleur dont nous avions besoin. Avec lui, ça ne marchera pas. Dans les circonstances, je constate que le maire envoie un très mauvais signal au conseil municipal», mentionne M. Fortin.
De son côté, François Bélisle du district Pointe-du-Lac estime que dans les circonstances, il ne pourra pas travailler avec René Goyette comme chef de cabinet au niveau des relations politiques. «Nous sommes plusieurs à être très mal à l’aise d’être en contact avec lui. Nous avons récemment suivi une formation avec un éminent juriste municipal, et sa réponse a été claire: notre vis-à-vis à l’hôtel de ville, c’est la direction générale. Nous sommes une majorité qui traitions déjà directement avec la direction générale, et nous allons continuer de le faire», ajoute M. Bélisle.

René Goyette est désormais l’homme de confiance du maire, mais pas de plusieurs conseillers municipaux.

Allocation
En outre, François Bélisle estime que puisqu’il semblait déjà établi, même avant les élections, que le poste de chef de cabinet revienne à René Goyette une fois les élections passées, et qu’il cumulera désormais un salaire de plus de 120 000 $ pour effectuer cette tâche à temps plein, il devrait rembourser la totalité de sa prime de transition, versée après la dernière élection et qui vise normalement à permettre à un candidat de se replacer dans le marché du travail une fois l’élection passée. Un avis partagé par Pierre-Luc Fortin et Luc Tremblay. L’allocation de transition dans son cas représentait un montant de 42 844 $. Il a cependant été convenu, il y a deux semaines, que s’il choisissait de rester au-delà de la période de six mois de probation, il rembourserait la moitié de sa prime de transition, étant donné que six mois se sont écoulés entre l’élection et sa nomination.
René Goyette
Appelé à réagir à ces propos, René Goyette a indiqué que pour sa part, il était prêt à travailler avec tout le monde. «Ma porte va être ouverte pour tout le monde. Que les gens pensent ça, je ne peux rien y faire. Je vais faire mon travail du mieux possible, mais je suis prêt à travailler avec tous les élus», indique-t-il.
Pas question, cependant, pour lui de rembourser la totalité de sa prime de transition. «En politique, il y a toujours des discussions, mais tant que ce n’est pas fini, ce n’est pas fini. On a pris un engagement qu’après mes six mois de probation, je rembourserais la moitié de la prime, et c’est ce que je vais faire. Imaginez s’il avait fallu que M. Noël rembourse sa prime dès le départ, pour ensuite partir au bout de dix jours. En politique, ça bouge beaucoup. Il y a une entente qui a été convenue avec le conseil, et on s’en tient à ça», clame-t-il.