Le fameux mur de l’ancienne usine Belgo, qui longe le boulevard Pie-XII, indispose le maire de Shawinigan.

Ancienne Belgo: Michel Angers veut que ça bouge

Shawinigan —Préoccupé par l’état du fameux mur de l’ancienne usine Belgo qui longe le boulevard Pie-XII, le maire de Shawinigan, Michel Angers, souhaite que le gouvernement du Québec prenne les mesures pour accélérer la démolition de ce bâtiment avant qu’un accident grave ne se produise.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques devrait annoncer bientôt l’identité de l’entreprise qui terminera la disposition des matières résiduelles sur ce site, un chantier interrompu depuis six semaines parce que la somme de travail avait été mal évaluée. La reprise des manœuvres ne réglera toutefois pas, à court terme, le sort du mur de l’usine. Sa démolition n’est pas attendue avant l’an prochain. Rappelons que le MELCC a pris ce site controversé en charge parce que le propriétaire, Recyclage Arctic Béluga, ne donne plus signe de vie depuis près de deux ans.

M. Angers a récemment appris qu’un automobiliste avait reçu, sur son pare-brise, une brique qui s’était détachée de cet immense mur. Avant qu’un accident grave ne survienne, il se demande si ces travaux de démolition ne devraient pas s’amorcer un peu plus rapidement.

«Quand la Ville de Shawinigan trouve qu’un bâtiment peut être dangereux, comme dans le cas de l’ancien hôtel de La Salle, on passe par les tribunaux, on règle la situation et on refile la facture au propriétaire», rappelle-t-il. «Pour la sécurité publique, on doit être vigilant.»

Voilà pourquoi M. Angers se demande pourquoi le gouvernement ne procède pas plus rapidement pour démolir ce mur.

«Si la Ville de Shawinigan est capable de passer par les tribunaux pour démolir, je vois mal pourquoi le ministère des Transports serait incapable de prendre la même pratique pour le faire lui-même», estime le maire. «C’est entre leurs mains. Je n’ai pas encore eu de réponse.»

La députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, avait été mise au courant de l’incident de la brique sur le pare-brise d’un véhicule. Retenue en commission parlementaire en fin de journée mercredi, elle a fait savoir, par message texte, qu’elle avait avisé les ministères de la Sécurité publique et des Transports de cette situation.

«J’espère une prise en charge rapide», soutient-elle.

Robert Fer & Métaux coiffée?

Par ailleurs, il se pourrait que l’entreprise Robert Fer & métaux se fasse coiffer pour la poursuite de la première phase de nettoyage de l’ancienne usine Belgo. En effet, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a reçu quatre soumissions à la conclusion de son deuxième appel d’offres pour terminer ce chantier et contrairement au premier exercice, l’entreprise de Shawinigan n’a pas déposé la proposition la moins dispendieuse.

Rappelons que ce chantier est paralysé depuis le 21 août. Le MELCC avait décidé d’arrêter les manœuvres parce que la quantité de matériaux à sortir du site aurait été grandement sous-estimée dans le premier appel d’offres. À ce moment, Robert Fer & métaux avait déposé la meilleure proposition, à 944 940 $.

Le MELCC a donc dû retourner en appel d’offres le 29 août. Les soumissions étaient reçues jusqu’au 1er octobre. Or, les montants proposés pour reprendre et terminer cette phase laissent entrevoir qu’il reste encore beaucoup de travail pour disposer de ces matières résiduelles.

Cette fois, c’est Sanexen services environnementaux, de Brossard, qui a déposé l’offre la plus avantageuse... à 2 354 746 $, un montant deux fois et demie plus élevé que le premier contrat accordé l’été dernier. Robert Fer & métaux suit, à 2 492 550 $, soit près de 140 000 $ de plus. Excavation René St-Pierre de Sherbrooke (2 763 080 $) et Démolition et Excavation Démex de Saguenay (2 885 848 $) ont aussi démontré de l’intérêt.

La plus basse soumission donne un avantage à Sanexen pour le moment, mais le MELCC doit valider la conformité de cette offre avant d’attribuer le contrat. Le ministère effectuera donc cette vérification, au cours des prochains jours, avant de confirmer l’identité de l’entreprise retenue.