Paul Laurendeau est l’architecte de l’Amphithéâtre de Trois-Rivières.

Amphithéâtre Cogeco: la Ville de Trois-Rivières poursuit l’architecte

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières poursuit l’architecte concepteur de l’Amphithéâtre Cogeco, Paul Laurendeau et le Fonds des architectes, pour la somme de 384 235,99 $ en lien avec la saga des pare-intempéries, a appris Le Nouvelliste. Dans une requête introductive d’instance déposée le 19 décembre dernier, la Ville reproche à Paul Laurendeau d’avoir conçu des équipements qui ne répondaient pas aux attentes acoustiques de même que de ne pas avoir contribué à la mise en place d’une solution temporaire, en juin 2018, lorsqu’il a fallu remplacer en urgence les pare-intempéries pour assurer le bon déroulement de la saison estivale 2018.

On se souviendra qu’en septembre 2016, la Ville avait conclu un contrat de gré à gré avec l’architecte afin de concevoir des pare-intempéries permanents et surveiller les travaux liés à leur installation. Le contrat stipulait que la conception devait fondamentalement ne pas affecter la qualité de l’acoustique de l’Amphithéâtre, une clause qui dictait à l’architecte de s’adjoindre les services d’un acousticien. Les services de la firme Octave Acoustique ont été retenus.

Selon la requête, la Ville s’est aperçue, le 7 juin 2018, que les nouveaux pare-intempéries conceptualisés par Paul Laurendeau et mis en place dans l’Amphithéâtre créaient un «problème majeur de réverbération, à un point tel où la tenue des spectacles à venir au cours de la même semaine était compromise», peut-on lire dans le document de cour.

L’architecte a été mis en demeure le 13 juin suivant de mettre en place, dans les 30 jours, une solution complète et permanente au problème de réverbération. La mise en demeure demandait aussi la collaboration de l’architecte pour la mise en place d’une solution temporaire en raison de la venue imminente du spectacle de Marc Dupré et de l’installation des artistes du Cirque du Soleil. La Ville indique toutefois que le défendeur n’a pas donné suite à ces demandes. Une solution temporaire a été mise en place par la Ville, de concert et conformément aux recommandations de l’architecte qui avait offert sa collaboration. Toutefois, c’est la Ville qui a assumé la facture de 333 994,95 $ qui ont été versés à Construction Deric pour l’installation des panneaux temporaires.

Les pare-intempéries de l’Amphithéâtre Cogeco sont au cœur d’un litige judiciaire entre la Ville et l’architecte Paul Laurendeau.

Après la saison estivale 2018, la firme Octave a voulu effectuer des tests pour identifier la source du problème de réverbération lors du démantèlement des panneaux acoustiques temporaires. La Ville soutient qu’il appartenait au défendeur de payer pour le démantèlement de ces panneaux, étant selon les termes du contrat responsable de l’acoustique. Après une mise en demeure pour laquelle le défendeur n’a pas donné suite, la Ville a entrepris elle-même les travaux de démantèlement au montant de 50 241,04 $.

La Ville dit, dans la poursuite, avoir agi rapidement de manière à régler ce litige le plus vite possible et ne pas devoir recourir une autre fois à une solution temporaire pour la saison estivale 2019. «Considérant l’arrivée à grands pas de la prochaine saison estivale de l’Amphithéâtre et devant l’urgence d’agir afin d’obtenir la solution permanente et de faire exécuter les travaux afférents, la Ville a de nouveau mis en demeure les défendeurs de fournir la solution permanente et d’exécuter à leurs frais les travaux en résultant», une mise en demeure envoyée le 14 décembre dernier peut-on comprendre.

Ainsi, la Ville n’écarte pas la possibilité de réviser ses demandes monétaires dans le cadre de cette poursuite si le litige devait se poursuivre et que d’autres frais soient engagés pour des pare-intempéries temporaires pour la saison 2019 de l’Amphithéâtre Cogeco.

Le Nouvelliste a tenté de joindre l’architecte Paul Laurendeau pour obtenir sa version, mais nos appels n’ont pas été retournés. Le document déposé à la cour laisse toutefois entendre qu’il pourrait soutenir avoir été dans l’obligation de s’adjoindre les services d’Octave Acoustique selon les termes du contrat, ce que la Ville réfuterait. Par ailleurs, l’ensemble du dossier consulté au greffe civil du palais de justice de Trois-Rivières permet de comprendre que Paul Laurendeau entend contester la demande de la Ville. La cause doit d’ailleurs revenir le mardi 29 janvier devant la cour, pour entendre une demande qui permettra de transférer le dossier dans le district judiciaire de Montréal.

La Ville n’a pas souhaité émettre de commentaires étant donné que le dossier était maintenant devant la justice, mais la coordonnatrice aux communications Cynthia Simard soutient que la Ville met «tout en œuvre pour que ce soit réglé d’ici le printemps».