Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a participé à la manifestation des ambulanciers au début du mois à La Tuque.
Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a participé à la manifestation des ambulanciers au début du mois à La Tuque.

Ambulances: La Tuque durcit le ton et la députée Tardif met son poste en jeu

La Tuque — La Ville de La Tuque a décidé de durcir le ton dans le dossier entourant les services ambulanciers. Le Service incendie ne fera plus de transport de patient, comme ce fut le cas récemment, en cas de découverture ambulancière et se contentera de faire ce pour quoi la municipalité le paye. Le maire de La Tuque a également fait savoir, lors d’une virulente sortie pendant la dernière réunion du conseil municipal, qu’il n’y aurait plus de service de premiers répondants jusqu’à ce que le dossier soit réglé.

«On va rendre ces gens-là responsables de la situation actuelle. La Ville ne peut plus accepter le transport des patients par les pompiers qui n’ont pas la certification ni les accréditations nécessaires pour faire du travail de paramédics. On a toujours dit oui. La police nous le demande, on dit oui, les ambulanciers nous le demandent, on dit oui. Là, c’est terminé. Qui fera le transport? On leur renvoie la balle aujourd’hui», a lancé le maire Pierre-David Tremblay.

Ce dernier estime qu’il est dans l’obligation d’aviser Québec «compte tenu de la mauvaise foi du gouvernement, de mettre fin au service des premiers répondants partout sur le territoire et de procéder à la réorganisation des services ambulanciers sur le territoire de l’agglomération de Ville de La Tuque dans les plus brefs délais».

Le maire martèle également que «de toute façon, il n’y a plus d’entente depuis 2015 concernant les premiers répondants à La Tuque». La Ville va donner un délai de 90 jours avant de mettre fin à l’entente tacite à Parent et 30 jours dans le cas de Lac-Édouard.

«On a donné notre accord verbalement pour les premiers répondants à Parent. Il y a eu des améliorations des conditions de travail. On a commencé à travailler ce dossier en 2018, on nous a promis un camion dans les mois qui suivaient, on ne l’a pas encore. Va falloir qu’on soit compris», insiste-t-il.

«On fait rire de nous autres à l’heure actuelle», déplore-t-il.

La municipalité va demander aux pompiers de respecter le schéma de couverture de service, «ce qu’ils sont appelés à faire, c’est le feu, la désincarcération des véhicules, les sauvetages en hauteur et nautique...»

La Ville va demander à ses pompiers de ne plus faire de transport de patient aux frais des contribuables. D’ailleurs, un avis juridique a été demandé concernant l’intervention des pompiers. Cet avis sera envoyé aux élus de la région.

Le maire de La Tuque insiste, ses citoyens méritent, et sont en droit de réclamer, «un service ambulancier complet».

«On est tanné, et je veux que le message passe. Quand le maire et la population est rendu dans la rue avec les syndiqués pour dire que ç’a n’a pas de bon sens...»

«Oublier les statistiques, regardez le territoire et l’étalement urbain, la population double l’été et prenez une décision là-dessus. C’est le terrain qui nous parle», ajoute-t-il.

Pierre-David Tremblay assure que lorsque la situation sera régularisée au niveau des services ambulanciers, il sera ouvert à regarder ce qui peut être fait au niveau de l’assistance des premiers répondants.

«On rouvrira les négociations à ce moment-là», a-t-il indiqué.

Les élus de l’agglomération de La Tuque somment la députée de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, Jean Boulet de fournir des réponses dans ce dossier.

«C’est le minimum de respect. On attend, depuis sept mois, une réponse du gouvernement», persiste le maire.

Marie-Louise Tardif met son poste en jeu

La députée Marie-Louise Tardif assure qu’elle comprend l’impatience de la Ville dans ce dossier, mais n’endosse visiblement pas la décision des élus de mettre fin aux interventions des premiers répondants.

«Il ne serait pas sage, et surtout pas pour Parent, d’arrêter le service de premiers répondants. Les premiers répondants sont essentiels. Par contre, je suis d’accord avec «l’impatience». C’est un dossier qui date de 10 ans», lance-t-elle.

Marie-Louise Tardif assure qu’elle travaille fort dans le dossier et elle met même son poste en jeu s’il n’y a pas de changement d’ici les prochaines élections provinciales.

«Mon mandat, c’est de défendre mes citoyens et mes citoyennes et il y en a qui doivent me trouver tannante. Pour moi, c’est un dossier prioritaire et ça doit changer […] Je travaille de manière acharnée. Je rabâche les oreilles de la ministre (de la Santé) pour lui dire que notre dossier, notre région, que le Haut Saint-Maurice est différent. Il faut qu’on revoie la grille d’évaluation», martèle la députée.

La grille déterminant les critères pour lesquels un service ambulancier peut passer d’horaires de faction à des horaires à l’heure est toujours au cœur du débat.

«Je travaille avec les députés de Rivière-du-Loup, de la Beauce, de Lac-Mégantic... nous sommes plusieurs régions du Québec qui sont impactées de la même façon. Le gouvernement ne peut pas faire de cas par cas, ça créerait un précédent. Il doit y avoir une équité. Il faut revoir de façon globale cette grille», explique Mme Tardif.

Elle ajoute que plusieurs dossiers gouvernementaux ont été mis sur pause en raison de la pandémie de la COVID-19 qui sévit depuis plusieurs mois.

«Il y a un an, notre dossier était sur le dessus de la pile […] Les priorités ont changé, le dossier n’est plus prioritaire présentement. En regardant dans l’ensemble, au niveau du ministère de la Santé, il y a des urgences tellement graves qui font que les gens meurent», explique-t-elle.

«Tant que cette grille-là ne sera pas revue, rien ne va bouger», affirme-t-elle.

Rappelons qu’en Haute-Mauricie, les paramédics travaillent toujours avec un horaire de faction, aussi appelé 7/14. Ils sont sur appel à partir de la maison. Lorsqu’il y a un appel, ils doivent se rendre à la caserne, beau temps, mauvais temps, en quelques minutes et partir avec l’ambulance.

Cet horaire, les paramédics le qualifient de désuet et militent activement depuis plusieurs mois pour l’abolition de ce type d’horaire et l’implantation d’un horaire à l’heure.

Rappelons également que les dirigeants du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) ont indiqué être en faveur de la transformation des horaires de faction en horaires à l’heure.