Le chantier d’installation d’un réseau d’égout et d’aqueduc dans le secteur Lac-à-la-Tortue connaît une période intense. L’entrepreneur général croit toujours qu’il respectera l’échéancier du 31 décembre 2018.

Allen entrepreneur général augmente la cadence

SHAWINIGAN — Il s’agit d’un chantier complexe où les imprévus se multiplient, mais dans l’ensemble, la mise en place d’un réseau d’égout et d’aqueduc dans le secteur Lac-à-la-Tortue avance selon les échéanciers prévus et cadre toujours dans le budget de 40,8 millions $.

Mercredi matin, une rencontre de coordination était organisée à l’hôtel de ville pour faire le point sur ces importants travaux. Pas besoin de circuler bien longtemps autour du lac à la Tortue pour se rendre compte de l’ampleur du chantier, qui avait débuté en août 2017. Les résidents vivent avec les inconvénients de côtoyer la machinerie lourde et d’emprunter tous les détours imaginables pour contourner ces manœuvres.

Selon le maire, Michel Angers, Allen entrepreneur général compte 165 personnes sur le terrain à l’heure actuelle. Aucun doute, l’entreprise a fortement augmenté la cadence en 2018 pour rencontrer l’échéancier du 31 décembre prochain.

«Il y avait une certaine quantité de travail prévue en 2017 et en 2018», explique le maire. «Est-ce que, l’an dernier, c’était à la hauteur de ce que l’entrepreneur attendait? Probablement pas. Mais je sais qu’en 2018, pour respecter les échéanciers, il a accéléré la cadence.»

D’ailleurs, à l’assemblée publique du 10 juillet, le conseil municipal a adopté un règlement pour faire passer l’emprunt pour les honoraires professionnels en ingénierie de 3,65 millions $ à 4,3 millions $. Le budget total du projet passe ainsi à 45,1 millions $. La hausse s’explique notamment par l’augmentation du personnel de surveillance, qui vient automatiquement avec le nombre d’équipes sur le terrain.

«Il y a un objectif de mètres à faire par jour et ils sont au-dessus de leur objectif», s’encourage M. Angers. «Ça va bon train! Nous avons la garantie qu’à moins d’une catastrophe, tout le monde sera connecté à l’automne, tel que prévu.»

Pour le maire, le calendrier constitue l’une des deux plus grandes préoccupations de ce chantier. La deuxième, c’est évidemment la facture finale. Or, dans les deux cas, au-delà de la hausse du budget pour les services professionnels, il a été rassuré mercredi matin. Ce qui ne signifie pas que ce chantier se berce sur un long fleuve tranquille.

Les citoyens s’attendaient évidemment à subir des désagréments, mais jusqu’ici, les fameux détours les irritent particulièrement. «On doit aviser de 24 à 48 heures à l’avance», explique M. Angers. «Dans presque la majorité des cas, c’est respecté, mais quand il se produit quelques cas de délais plus courts parce que ça va plus vite, les citoyens, avec raison, veulent être avisés.»

Le maire observe également que les gens comptent sur l’entrepreneur pour l’épandage d’abat-poussière la fin de semaine. «Il fait extrêmement chaud et nous avons très peu de pluie», rappelle-t-il. «Le terrain est très sec. Les citoyens veulent que l’abat-poussière, tel que prévu au devis, soit mis.»

Jusqu’à maintenant, la Ville s’en tire plutôt bien en ce qui concerne les directives de changement accordées dans le cadre de ces travaux. «Nous en recevons beaucoup, pour des petites affaires», constate M. Angers. «Mais dans un projet de 40 millions $, c’est tout à fait normal.»

«Ce n’est pas un chantier banal», rappelle-t-il. «Ils doivent travailler avec une nappe phréatique très haute, une faible dénivellation du terrain. Ça prend beaucoup d’attention, mais toutes sortes de difficultés peuvent se produire au fil du temps. Des ajustements se font au fur et à mesure.»

Par exemple, une partie de rue qui avait été complétée devra être refaite, mais ces coûts imprévus ne seront pas facturés à la Ville, assure le maire. «C’est une histoire entre l’entrepreneur et Pluritec. Nous avons pris acte de cela, mais ils vont réajuster le tir et s’organiser entre eux. Si la route est trop haute, ils doivent la redescendre! La Ville n’a rien à voir là-dedans. C’est leur responsabilité.»

Autre imprévu, la Ville a pris la décision de remplacer environ 500 entrées d’eau existantes dans le cadre de ces travaux, étant donné que la majorité d’entre elles auraient dû être changées au cours des prochaines années de toute manière en raison de problèmes de fuites. La Ville estime cette facture à environ 900 000 $, qui sera épongée dans un règlement d’emprunt de 1,47 million $ adopté plus tôt cette année pour divers travaux d’aqueduc, d’égout et de voirie à travers la municipalité.

«Ce travail avait été moyennement bien fait, avec des pièces peut-être pas tout à fait appropriées», considère le maire. «Ces entrées d’eau étaient précaires et on aurait pu les laisser là, mais tant qu’à les changer une à une et briser l’asphalte à chaque fois, on ne serait pas plus avancés. Nous avons donc pris la décision de faire toutes les réparations.»