Une enquête est ouverte pour faire la lumière sur les allégations de maltraitance et de mauvaise qualité des soins en général à la résidence Notre-Dame du secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, membre du réseau des résidences Chemin du Roy.
Une enquête est ouverte pour faire la lumière sur les allégations de maltraitance et de mauvaise qualité des soins en général à la résidence Notre-Dame du secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, membre du réseau des résidences Chemin du Roy.

Allégations de maltraitance dans les résidences Chemin du Roy: enquête et cellule de crise

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Dans la foulée des allégations de maltraitance, d’abus et de mauvaise qualité des soins en général aux résidences Chemin du Roy de Trois-Rivières, de Yamachiche et de La Tuque, le bureau de Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, déclare qu’une enquête a été ouverte. Des enquêteurs ont été dépêchés sur place et une cellule de crise est déployée afin de superviser les activités à la résidence Notre-Dame du secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, au centre des allégations, «tant que ça sera nécessaire», soutient Caroline Dussault, attachée politique de la ministre Blais.

«C’est tolérance zéro pour la maltraitance et l’abus envers les aînés. Si tout ça s’avère exact, on va agir», martèle Mme Dussault. Bien qu’elle rappelle qu’en attendant un état de la situation, le principe de présomption d’innocence s’applique, elle souligne tout de même que les premières constatations portent à croire que les faits allégués sont crédibles. «Il y a rarement de la fumée sans feu», laisse-t-elle tomber.

Selon Mme Dussault, des résidents ont été rencontrés par les enquêteurs. «On verra si l’un d’eux accepte de témoigner», indique-t-elle, en spécifiant que cela faciliterait les procédures légales, si celles-ci devaient aller de l’avant.

Caroline Dussault rapporte que la ministre Blais, présentement en vacances, suit la situation de «très près», qu’elle est en contact continuel avec le bureau du sous-ministre et qu’elle est «très préoccupée» par les faits allégués. Le Centre intégré universitaire de Santé et Services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) doit produire un état de la situation, ajoute-t-elle. «On veut un portrait global», explique l’attachée politique.

Rappelons que plusieurs usagers des résidences Chemin du Roy, qui comptent cinq établissements, ont déclaré craindre pour leur santé et pour leur sécurité. Plusieurs ont déjà quitté les lieux, d’autres tentent de le faire, malgré un bail de location qui les lie à l’endroit. Pendant ce temps, l’exploitant des établissements, Jean-Guy Pronovost, est devant la Régie du logement pour tenter de recouvrer des loyers non perçus dans au moins huit causes de résiliation de bail.

Au bureau de la ministre Blais, on s’explique mal qu’un signal n’ait pas été donné avant. «Apparemment, il y a huit dossiers à la Régie du logement, mais nous, au ministère de la Santé et des Services sociaux, c’est la première fois qu’on en entend parler», commente Caroline Dussault. «Il y a peut-être une communication qui ne s’est pas faite», concède-t-elle, en convenant par ailleurs que les ministères devraient pouvoir communiquer entre eux.

Du côté du CIUSSS MCQ, on confirme que le téléphone a sonné tôt mercredi matin. «On va fournir l’information au cabinet de la ministre Blais. La situation est préoccupante et le CIUSSS va se déplacer pour aller enquêter et faire l’analyse pour avoir l’heure juste et mettre les bonnes actions en place», relate Guillaume Cliche, agent d’information au CIUSSS MCQ. Il ne peut toutefois pas indiquer si les résidences Chemin du Roy faisaient déjà l’objet d’une vigie. «Tant et aussi longtemps que ça n’a pas été validé, on pourrait nuire à la réputation d’une organisation», explique-t-il.

Quant à la confusion de l’organigramme des résidences Chemin du Roy, dont Le Nouvelliste faisait état mardi, M. Cliche indique que le CIUSSS MCQ tente actuellement de «faire la lumière sur la situation».

Rappelons que selon les fiches que l’on consulte dans le registre des résidences pour personnes âgées, les résidences Chemin du Roy font tour à tour partie d’un réseau de 2, 3, 4 ou 5 résidences. De plus, une personne qui est identifiée comme gestionnaire dans une résidence peut être identifiée comme responsable dans une autre, et vice versa.

«On a rapporté ça à la personne qui est responsable de la certification, car c’est de l’information qui doit être rendue publique et qui doit être uniforme partout», rapporte M. Cliche. Or, il demeure de la responsabilité des exploitants eux-mêmes de tenir à jour ces informations, souligne l’agent de communication.