Les candidats Donald Martel, de la CAQ, François Poisson, de QS, Marie-Claude Durand, du PLQ, et Lucie Allard, du PQ, ont débattu devant une foule réunie au Centre des arts populaires de Nicolet, avec Jocelyn Ouellet comme modérateur.

Allard s’en prend à Martel

NICOLET — Organisé par la Chambre de commerce et d’industrie du Cœur-du-Québec et diffusé sur les ondes de VIA 90,5 FM, le débat électoral dans Nicolet-Bécancour a donné lieu à un affrontement, dimanche, entre la candidate du Parti québécois, Lucie Allard, et le député caquiste sortant, Donald Martel.

D’entrée de jeu, le modérateur Jocelyn Ouellet a évoqué le lock-out à l’Aluminerie de Bécancour dans son segment sur le développement économique et l’emploi.

«C’est quoi ta solution, Donald? Un député doit avoir un pouvoir d’influence. Qu’avez-vous fait?», lui a demandé sa rivale du Parti québécois. «On ne peut pas agir comme spectateur, mais on ne peut pas être un élément déclencheur», a-t-il rétorqué.

Dans son intervention, celui-ci avait préalablement dénoncé le manque de leadership du gouvernement Couillard. «J’ai eu énormément de réserves par rapport au travail de la ministre Vien. Et il n’y a pas eu de résultats. Un lock-out de huit mois, c’est une catastrophe économique pour la région, tant au niveau de la masse salariale que des pertes d’emplois chez les sous-traitants. Si François Legault devient premier ministre, il va s’immiscer directement dans le conflit en rencontrant les dirigeants de l’entreprise», a-t-il fait savoir.

Pour sa part, la candidate libérale Marie-Claude Durand a rappelé l’intervention de deux médiateurs dans le dossier. «Je voudrais que ça se règle», a-t-elle lancé tout en rappelant l’existence du Fonds de diversification économique dans lequel «il y a encore des sous».

De son côté, le représentant de Québec solidaire, François Poisson, n’a pas manqué de souligner que Gabriel Nadeau-Dubois s’est présenté sur place dès le début du lock-out. «On est le parti des travailleurs et il s’est levé pour les défendre», s’est-il plu à rapporter tout en proposant l’interdiction au lock-out pour un meilleur rapport de force.

Si, au plan économique, Lucie Allard dit vouloir miser sur les entreprises de deuxième et troisième transformation, Donald Martel a profité de sa sortie sur le bilan du parc industriel de Bécancour qu’il juge négatif «et anormal» sous les 15 années de règne libéral pour reprocher au Parti québécois d’avoir fermé la centrale nucléaire Gentilly-2 pendant son année et demie au pouvoir. «On a été jugé là-dessus et dans 25, 100 ans, on portera un regard différent là-dessus», a répliqué son adversaire péquiste.

Par ailleurs, celle-ci s’en est prise à nouveau au député sortant au sujet du gaz de schiste en lui demandant de se compromettre. «Je suis contre l’exploitation du gaz de schiste dans la Vallée du Saint-Laurent, nous fermons clairement la porte, et comme directeur général de la MRC de Nicolet-Yamaska, je fus le premier à le mettre sur la place publique», a-t-il affirmé. «Ce n’est pas évident que votre parti est contre», a renchéri François Poisson, qui prône de «sortir des hydrocarbures». «C’est fini les gaz de schiste», a insisté Lucie Allard.

Quand cette dernière a décoché une autre flèche à Donald Martel en prétendant que son soutien aux organismes communautaires «n’est pas si clair», le principal concerné a invité son opposante à «faire attention aux accusations générales».

Et lorsque le député de la CAQ a parlé des Maisons des aînés, la candidate du PQ l’a encore interpellé directement en lui demandant: quand? «On en a besoin maintenant», a-t-elle martelé.

Dans le domaine de la santé, la création d’un Centre intégré de santé et de services sociaux au Centre-du-Québec fut débattue. Favorable, Lucie Allard n’y voit que du positif tout en plaidant pour le respect des corridors de services naturels.

Même s’il dit oui à la scission du CIUSSS qui couvre actuellement les deux rives, Donald Martel est conscient que cela pourrait apporter certains problèmes dans son comté. «Comme député, je vais consulter les MRC de Nicolet-Yamaska et Bécancour. Il faut que la population soit d’accord pour intégrer l’une ou l’autre», soutient-il.

Si Marie-Claude Durand s’engage plutôt à consolider une première ligne de services forte, François Poisson voudrait savoir ce que veulent tant les usagers que les employés. «La région mérite d’être autonome», croit-il.

Les quatre candidats ont aussi croisé le fer sur la gestion de l’offre, l’intégration des immigrants, et le cynisme en politique. Et appelés à trouver une qualité chez leurs adversaires, Donald Martel a décrit Lucie Allard comme une femme «très rigoureuse» tandis que celle-ci a vanté l’expérience de son opposant. «C’est intéressant de parler avec toi», a-t-elle conclu.