Le maire de Shawinigan, Michel Angers.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Alexandre Cusson, un président «efficace» et «rassembleur»

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le qualifiant «d’efficace» et de «rassembleur», les maires de Shawinigan et de Trois-Rivières n’avaient que de bons mots mardi pour l’ancien président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson. Ne voulant toutefois pas s’avancer sur les rumeurs voulant qu’Alexandre Cusson soit intéressé par la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), Michel Angers et Jean Lamarche ont malgré tout vanté les qualités de politicien du maire de Drummondville.

«Je suis surpris et je suis toujours un peu déçu d’apprendre qu’on va perdre notre président de l’UMQ. Alexandre [Cusson] est un homme qui a fait énormément pour l’UMQ . Il a assuré la présidence avec brio jusqu’à maintenant», mentionne d’emblée le maire de Shawinigan, Michel Angers, lui-même membre de plusieurs comités de l’UMQ dont le conseil d’administration de l’organisme depuis 2012 et du comité exécutif de 2013 à 2019.

«J’ai toujours eu des atomes crochus avec Alexandre. Son départ m’attriste, mais s’il y a d’autres carrières qui s’annoncent devant lui il ne me reste plus qu’à lui souhaiter bonne chance.»

À ce titre, Michel Angers ne désire pas commenter les rumeurs qui envoient Alexandre Cusson à la chefferie du PLQ. «Quand un élu, peu importe sa provenance, décide de se présenter à un autre palier de gouvernement, il faut saluer son engagement. On le fait jamais pour des causes personnelles», affirme le maire de Shawinigan.

Membre du conseil d’administration de l’UMQ de même que de l’exécutif du Caucus des grandes villes et du comité sur le transport ferroviaire, Jean Lamarche soutient que l’ancien président de l’UMQ a toujours su se montrer accueillant à son endroit et a même accepté de lui donner de l’information sur un projet alors qu’ils n’étaient qu’un candidat à l’élection de la mairie de Trois-Rivières.

«Le lendemain de mon élection, il était à l’hôtel de ville de Trois-Rivières pour me serrer la main», se souvient-il. «J’ai depuis un bon lien avec Alexandre Cusson et je l’appelle à l’occasion pour avoir son avis sur un dossier. [...] Il était un président de l’UMQ qui avait beaucoup de professionnalisme et beaucoup de classe, à l’image de l’homme.»

Le maire de Trois-Rivières ne souhaite pas commenter la possible candidature d’Alexandre Cusson à la tête du PLQ. Il se contente cependant de dire que le maire de Drummondville a «déjà l’étoffe d’un leader».

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Alexandre Cusson possède aussi plusieurs qualités qui font de lui un homme politique «efficace» et «rassembleur», soutient Michel Angers. L’ancien président de l’UMQ a démontré ces qualités dans la négociation récente du nouveau pacte fiscal, le contrat de répartitions des finances publiques entre Québec et les municipalités de la province.

«La commande était grosse. On s’était fait dire aux assises de l’UMQ qu’il n’y aura pas de transfert de point de fiscalité et que ça allait être à coût zéro. Alexandre Cusson et toute son équipe ont particulièrement bien manœuvré ce qui a permis de faire les premiers pas du partage de cette croissance économique au Québec. Il a été depuis le début un fidèle combattant de cet enjeu et cette victoire lui revient», estime le maire de Shawinigan. «Il est un homme brillant avec beaucoup d’humour et rassembleur.»

Maire de Shawinigan depuis 2009, Michel Angers a toujours été impliqué au sein de l’UMQ. Malgré tout, il n’envisage pas briguer la présidence de l’organisme et succéder à Alexandre Cusson. Son emploi du temps chargé comme maire de Shawinigan ne lui permet pas, dit-il, d’accepter d’autres défis.

Surprise au Centre-du-Québec

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, s’est dit surpris de la décision d’Alexandre Cusson de quitter la présidence de l’UMQ. Selon lui, cette décision n’est pas anodine et laisse présager que le maire de Drummondville serait tenté par d’autres fonctions.

«Il semblait tellement performer et être à sa place. Ça m’a beaucoup surpris qu’il parte maintenant. Mais j’ai l’impression qu’il a d’autres plans maintenant», estime le maire de Bécancour.

«Toutefois, je ne suis pas surpris qu’il cherche à faire une carrière politique plus intense. Mais qu’il le fasse rapidement, ça me surprend. Il a fait une belle job comme président de l’UMQ, il faut le reconnaître.»

Alexandre Cusson était un président de l’UMQ «structuré», soutient Jean-Guy Dubois. «Il a mené le combat pour le nouveau pacte fiscal. À ce chapitre, il a fait le travail de façon correcte.»

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Quant à son potentiel saut dans la course à la chefferie du PLQ, Jean-Guy Dubois estimait ne pouvoir se prononcer sur cette question. «Je ne connais pas ses allégeances politiques. Alors je ne pourrais pas dire si c’est de l’opportunité et un réel plaisir de vouloir travailler avec ce parti», conclut le maire de Bécancour.