Le président du Regroupement des microbrasseries de la Mauricie, Alex Dorval, assure que les ponts ne sont pas coupés avec les dirigeants du Trou du diable.

Alex Dorval remet les pendules à l’heure

Trois-Rivières — Le torchon brûle entre le Regroupement des microbrasseries de la Mauricie et le Trou du diable. Le président du Regroupement des microbrasseries de la Mauricie, Alex Dorval, a voulu mettre les pendules à l’heure au sujet de la Route des Brasseurs, mardi.

«Pour nous, les ponts ne sont pas coupés. Le respect envers les fondateurs du Trou du diable a toujours été là. Il y a une frustration, c’est certain, mais est-ce une incompréhension absolue, je ne pense pas.»

Alex Dorval explique d’abord et avant tout qu’à la suite de l’annonce de la vente de la marque du Trou du diable au groupe MolsonCoors, le Regroupement des microbrasseries de la Mauricie a décidé de soulever des questions avant de s’associer dans un projet collaboratif avec de nouveaux propriétaires inconnus. La discussion a alors été alignée avec un des fondateurs du Trou du diable, Isaac Tremblay, qui est à ce jour consultant pour MolsonCoors.

«À chaque fois que nous pensions avoir une négociation, il se passait plusieurs semaines où on nous revenait et on refusait nos conditions d’inclusion, donc pour nous c’est une façon de montrer que les questions que nous soulevons étaient pertinentes. Nous avons été dans une espèce de théâtre d’été pendant cinq mois, où nous pensions que nous étions justifiés de poser des questions, mais finalement aucune condition n’était acceptée.» Le président affirme avoir proposé plusieurs fois des conditions d’inclusion pour le groupe MolsonCoors, pour toujours se faire dire que ça ne pouvait fonctionner ainsi.

Molson Coors silencieux?
Le RMM a interpellé François Lefebvre, directeur des affaires corporatives chez Molson en mars dernier. «Nous voulions entamer une négociation sincère directement avec les instances décisionnelles de leur entreprise. Nous n’avons jamais eu de retour de sa part ou d’autres qui ne portent pas deux chapeaux à la fois. C’est-à-dire qui n’est pas à la fois fondateur des institutions brassicoles de Shawinigan et consultant du groupe MolsonCoors», explique-t-il.

Le président se dit surpris d’entendre que le RMM exclut le Trou du diable de la Route des Brasseurs. «La position de Molson est d’exclure par des contrats d’exclusivité au quotidien dans les restos bars et chez certains détaillants. Donc l’exclusion est leur trademark en quelque sorte. Aujourd’hui, c’est nous qui avons cette accusation. C’est assez ironique.»

L’homme a également exposé le fait qu’en 2014, Isaac Tremblay dénonçait dans les médias les exclusions des grands brasseurs envers les microbrasseries. «Dans la marée de nouvelles que nous entendons, la population n’a pas eu la profondeur de couverture médiatique pour mettre le tout en perspective et de voir qu’en réalité, le groupe MolsonCoors a tenté de diriger la situation vers un débat local, car ça nourrit l’idée que les microbrasseries ne sont finalement pas capables de s’entendre.»

Réaction du maire Angers incomprise
Par ailleurs, le RMM ne comprend pas la réaction du maire de Shawinigan, Michel Angers. Rappelons qu’au printemps dernier, un comité composé d’élus de la région a rendu une décision unanime sur un dossier où les microbrasseries participantes étaient écrites noir sur blanc. «Je ne sais pas à quel niveau il analyse ses dossiers pour soumettre des fonds aussi importants, mais je crois que ce serait important d’avoir son point de vue là-dessus.» À ce sujet, le Regroupement n’a pas eu de retour d’appel du maire.

Alex Dorval conclut que le RMM est devenu à ses yeux un des promoteurs touristiques importants de la région. Il souhaite travailler avec les grands partenaires touristiques pour offrir une expérience aux visiteurs qui montre la variété du terroir brassicole. «Nous avons perdu cinq mois à essayer de négocier. Si nous avons des négociations à avoir, ce sera avec le groupe MolsonCoors, directement avec un dirigeant.»