L’immeuble du Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan et de Services Canada devra être décontaminé au cours des prochaines semaines.

Alerte aux moisissures au Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan

Shawinigan — L’immeuble du Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan doit être décontaminé en raison de la présence de moisissures dans ses murs. Les quelque 1600 employés continueront tout de même à se présenter à leur poste de travail régulier, car aucune recommandation d’évacuation n’a été formulée par le propriétaire, Services publics et Approvisionnement Canada.

Selon Charles Drouin, porte-parole pour ce ministère, les premiers indices de «traces de contamination fongiques» ont été détectés en octobre 2018. Une étude a alors été commandée à des experts en hygiène industrielle pour connaître l’étendue de cette contamination. Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a reçu ce rapport en février. Selon les premières constatations, un problème d’étanchéité à l’enveloppe du bâtiment aurait provoqué la prolifération de ces champignons microscopiques.

«Les experts consultés ont confirmé que la situation actuelle est sécuritaire pour les occupants», indique M. Drouin, qui ne précise toutefois pas l’étendue de cette contamination. Dans une lettre d’information transmise aux employés, il est mentionné que «les moisissures ont été identifiées principalement sur les contours de fenêtres de même que dans certaines sections de murs périphériques et sur les isolants de tuyauterie. La superficie des surfaces contaminées par les moisissures varie d’un emplacement à l’autre dans le bâtiment, mais la majorité des moisissures se retrouve à l’intérieur des murs périphériques.»

SPAC a prévu deux phases pour mettre en application les recommandations d’un consultant externe. Dans un premier temps, les travaux correctifs prioritaires débuteront vers la fin avril, pour une durée d’un mois. L’entrepreneur retenu est Asbex LTD de Montréal, qui réalisera ce mandat de décontamination pour la somme de 98 361 $. Il travaillera hors des heures normales de bureau.

Lors d’une deuxième phase, une étude sera réalisée pour identifier les corrections à apporter à l’enveloppe du bâtiment pour prévenir la formation de nouvelles moisissures. Le ministère s’attend à recevoir les recommandations en juin et commandera alors les plans et devis pour réaliser des travaux d’imperméabilisation et d’étanchéité, ainsi que les dernières manoeuvres de retrait de moisissures.

D’ici là, SPAC suivra les recommandations de Santé Canada pour ce genre de situation, notamment en contrôlant l’humidité et en réparant rapidement toute fuite ou infiltration d’eau. Le ministère invite tout de même les employés qui souffrent d’allergies, de rhinite allergique, d’asthme, d’hypersensibilité ou autres maladies respiratoires chroniques à discuter de leur situation avec leur gestionnaire.

Syndicat inquiet

Normand Pelletier, conseiller syndical à l’Alliance de la fonction publique du Canada, précise que les employés ont été rencontrés mercredi après-midi. Ces derniers se posaient évidemment beaucoup de questions à la suite de cette communication.

«Étant donné qu’il n’y a pas de normes, l’employeur considère que ce n’est pas dangereux», résume-t-il. «Mais on ne nous donne pas le taux de contamination.»

«En plus, on ne nous dit pas où c’est précisément dans le bâtiment. Vous pouvez imaginer l’insécurité des employés, qui ne savent pas où est le problème.»

Difficile de savoir depuis combien de temps les fonctionnaires travaillent dans cet environnement, mais la situation est connue depuis six mois.

M. Pelletier se demande à quel point cette nouvelle tuile a influencé la décision du gouvernement fédéral de construire un nouvel immeuble pour le Centre national de vérification et de recouvrement, annoncée le 4 février.

SPAC s’en défend dans sa communication aux employés.

«La décision de construire un nouvel édifice n’est pas basée sur la présence de moisissures», écrit le ministère. «SPAC a pris cette décision après avoir réalisé des analyses pour les différentes options possibles quant à l’avenir de l’édifice et les options pour loger les organisations fédérales l’occupant.»

«Pour continuer d’utiliser l’immeuble actuel à long terme, il aurait fallu effectuer des travaux de rénovation importants dont le coût échelonné sur 25 ans aurait représenté des investissements d’environ 100 millions $. Les correctifs à apporter afin d’éliminer la moisissure n’auraient représenté qu’une faible portion de ces investissements.»

Rappelons que la construction du nouveau centre ne devrait pas s’amorcer avant 2022. L’immeuble actuel avait été inauguré en 1979.