On aperçoit ici deux étudiants en soins préhospitaliers d’urgence au secours d’une étudiante devenue victime pour les besoins de la simulation.

Alerte au Collège Shawinigan

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le Collège Shawinigan a tenu sa quatrième et plus grosse simulation d’accident, lundi, un exercice qui a mobilisé 110 étudiants en soins préhospitaliers d’urgence, en soins infirmiers et technique d’analyse biomédicale de même que des étudiants en lettres et communication.

À tous ces étudiants se sont greffés la Sûreté du Québec, les pompiers de la Ville de Shawinigan, le Service d’intervention d’urgence civil du Québec et Airmedic.

Il s’agit de la simulation la plus impressionnante concoctée par le Collège pour les étudiants, jusqu’à présent, même si elle a coûté moins de 1000 $ pour le déplacement de carcasses de voitures et d’un autobus scolaire servant à constituer une scène d’accident majeur avec blessés et un mort. Dans cette simulation, cet autobus scolaire rempli d’élèves a manqué de freins et heurté plusieurs véhicules, dont un contenant un homme, sa femme enceinte et une fillette.

Les terrains en face du Collège ont aussi accueilli pour la première fois un hélicoptère d’Airmedic qui a eu pour «mission» de transporter une des victimes dans un centre pour grands brûlés.

L’idée de voir si grand pour une simulation, c’est de permettre aux étudiants «de travailler en collaboration, en équipe, lors d’interventions d’envergure», explique Éric Millette, directeur des études du Collège.

Les «victimes», des étudiants du Collège maquillés habilement en blessés pour l’occasion, ont d’abord été prises en charge par les pompiers de la Ville puis remises aux étudiants de première année en soins préhospitaliers d’urgence puis conduits par la suite aux étudiants de 3e année en soins préhospitaliers d’urgence qui ont eu à les trier et à les acheminer en ambulance vers le Centre virtuel d’immersion clinique du Collège (CVIC), transformé en salle d’urgence pour l’occasion.

Le CVIC du Collège Shawinigan est un hôpital virtuel où les futurs infirmiers et infirmières bénéficient aussi de mannequins très sophistiqués qui reproduisent de très près l’anatomie et les fonctions vitales de vrais patients.

Il avait été agrandi, pour les besoins de la simulation, afin d’accueillir les 28 blessés.

Cette simulation ne fait pas l’affaire que des étudiants a indiqué François Lelièvre, directeur de la Sécurité incendie à la Ville de Shawinigan. «Pour les pompiers de Shawinigan, il est très important d’avoir ce genre de simulation», dit-il. «On en a fait quelques-unes avec le Cégep au cours des dernières années. Ce qui est important, c’est que les étudiants qui vont sortir aujourd’hui du Cégep seront les gens avec lesquels on va travailler sur le terrain», explique-t-il.

«Chaque service a son travail, les pompiers, les ambulanciers, les policiers et le fait de les mettre en commun va faire en sorte que les gens vont être sauvés beaucoup plus rapidement, vont se rendre au centre hospitalier beaucoup plus rapidement, va faire en sorte qu’on va sauver beaucoup plus de vies», fait-il valoir.

Même son de cloche du côté d’Airmedic. «Pour nous, c’est une occasion de procéder également à un entraînement de notre personnel», indique le porte-parole de l’entreprise, Louis-Philippe Loiselle-Fortier. Notre personnel médical devra, dès le moment de l’appel, se préparer selon le type de cas qui est présenté aujourd’hui et faire une vraie prise en charge sur un patient ici puis le transporter en hélicoptère», dit-il.

«C’est une occasion pour nous de démontrer que le transport héliporté peut avoir des avantages très intéressants», ajoute-t-il.

Quant au bénéfice que cette simulation peut avoir sur les étudiants, «elle est parfaite pour le transfert des connaissances», souligne le coordonnateur du CVIC, Luc Grenier, qui a aussi organisé l’exercice.

«Ça augmente leur jugement clinique, leur prise de décision et leur autonomie professionnelle. Ils connaissent le rôle et les limites de chacun et travaillent en collaboration», résume-t-il.