Un aperçu du plan des maisons unifamiliales pensées pour le projet.

Aleris: un futur quartier de 350 maisons?

La Ville de Trois-Rivières passe en vitesse supérieure pour que le dossier du terrain contaminé de l'ancienne usine Aleris chemine le plus rapidement possible. Elle vient d'ailleurs de déposer au député de Champlain Pierre-Michel Auger les plans de son projet de futur développement domiciliaire qu'elle souhaiterait voir pousser à cet endroit, des plans que Le Nouvelliste a pu consulter.
Le terrain de plus d'un million de pieds carrés comprendrait des résidences mais également des espaces verts et des pistes cyclables.
L'ancienne usine Aleris.
C'est ni plus ni moins que 350 nouvelles résidences que l'administration municipale souhaiterait voir se construire à cet endroit. Des résidences unifamiliales, en rangées ou multifamiliales à prix abordable afin d'attirer de jeunes familles et de permettre l'accès à la propriété, évoque le maire Yves Lévesque. 
«Nous avons mandaté notre département d'urbanisme pour qu'il nous propose un plan afin de développer ce terrain. On aimerait en faire un quartier urbain durable, avec des maisons qui pourraient se détailler aux alentours de 135 000 $ à l'achat. Avec 350 maisons, c'est un potentiel de plus de 1000 nouveaux résidents pour ce secteur qui serait du même coup redynamisé. C'est à proximité de tous les commerces, les écoles, les services, et c'est très central», mentionne Yves Lévesque, qui convient tout de même que la Ville est encore loin de la coupe aux lèvres.
C'est que le ministère de l'Environnement avait signifié une ordonnance aux anciens propriétaires et propriétaires actuels du site, Alcoa et Tim Martinez, les obligeant à présenter un plan de décontamination pour venir à bout de cette saga qui dure depuis près de huit ans. Alcoa a en effet présenté un plan le 5 septembre dernier, mais pas Tim Martinez. Le ministère procède présentement à l'analyse du plan d'Alcoa pour s'assurer qu'il répond à ses exigences.
Ce que le maire Yves Lévesque espère désormais, c'est de voir le ministère accélérer le processus et prendre en charge la décontamination pour permettre un nouveau développement sur ce terrain. Or, le ministère ne peut exiger des anciens propriétaires une décontamination au-delà de l'actuel zonage du terrain, soit industriel.
Mais pour envisager une construction résidentielle, il faudra un niveau de décontamination plus élevé pour satisfaire aux exigences gouvernementales. C'est cette partie du travail que le maire de Trois-Rivières espère que le gouvernement prenne en charge. Une décontamination qui pourrait coûter jusqu'à 40 M$.
«De notre côté, nous allons sonder des promoteurs qui pourraient être prêts à acheter le terrain une fois décontaminé et qui seraient intéressés à développer ce secteur. À quel prix ce terrain pourrait-il se vendre? Je ne sais pas. Mais avec les revenus de la vente et les taxes perçues sur la construction, le gouvernement serait aussi en mesure de se repayer une partie de ce qu'il aurait déboursé pour décontaminer. Je crois que c'est en ligne avec ce que le gouvernement du Québec prône en général, et on ne peut pas laisser un terrain avec un tel potentiel de développement être laissé à l'abandon», croit Yves Lévesque.
De son côté, la Ville se dit prête à assumer un congé de taxes de cinq ans pour les nouveaux acheteurs, de même qu'une partie des investissements à être réalisés sur le terrain pour le rendre conforme, comme la construction de bassins de rétention, entre autres.
Ministre
Les plans fournis par la Ville au député Pierre-Michel Auger ont été présentés mardi midi au ministre de l'Environnement, David Heurtel. C'est du moins ce qu'assure le député, qui a profité du caucus de mardi pour s'entretenir avec son collègue et lui présenter le tout. 
«Nous attendions ces plans pour présenter un projet viable au gouvernement. Avec ça, on voit le sérieux que la Ville met dans le projet. Évidemment, il y a plusieurs étapes à franchir avant. Nous avons de nombreuses considérations sur le plan légal et nous devons continuer l'analyse du plan de décontamination, ce qui devrait prendre encore quelques semaines. Mais ça chemine, et je continue de faire des suivis hebdomadaires. C'est prioritaire pour moi que ce dossier se règle», a fait savoir le député de Champlain, Pierre-Michel Auger.