Le site de l'ancienne usine Aleris est sous le coup de trois ordonnances du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.

Aleris: 1,5 M$ d'argent public englouti

Le dossier de la décontamination des terrains de l'ancienne usine Aleris commence à prendre des proportions importantes.
À ce jour, le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) estime avoir englouti tout près de 1,5 M$ dans diverses opérations de nettoyage et de sécurisation des lieux. De l'argent public que le ministère tente présentement de se faire rembourser par le propriétaire des lieux, Tim Martinez et sa compagnie, Corporation TR.
C'est que le site est sous le coup de trois ordonnances du ministère. La première visait le nettoyage des lieux des produits toxiques et avait pour effet de suspendre les travaux de démolition en attendant que ce nettoyage soit réalisé.
La seconde, émise en février 2011, forçait le propriétaire des lieux à exploiter le système de récupération des hydrocarbures des eaux souterraines pour éviter qu'elles ne migrent hors du site, en plus de la caractérisation du sol et des eaux souterraines.
La troisième ordonnance, datant de juin 2013, exigeait la disposition de manière sécuritaire et légale des matières résiduelles dangereuses présentes sur le site.
Dans les trois cas, les ordonnances n'ont pas été respectées par l'actuel propriétaire, confirme Stéphanie Lemieux, porte-parole pour le MDDEFP en Mauricie. «À ce jour, le ministère a dépensé un total de 1,5 M$ pour l'exécution de ces ordonnances. Nous avons pris une hypothèque légale sur les lieux pour s'assurer de récupérer cet argent», signale Mme Lemieux. À noter que l'entreprise en charge de la démolition, Recyclage Arctic Béluga, a aussi contracté une hypothèque légale sur les lieux.
Depuis 2011, le ministère assume le suivi du pompage des eaux souterraines pour éviter la migration des eaux contaminées aux hydrocarbures.
Plusieurs contrats ont également été donnés pour procéder à l'élimination des BPC présents sur le site, et trois sections de l'usine ont été décontaminées, en plus de l'entreposage des matières dangereuses et de la sécurité sur le terrain.
Très prochainement, un appel d'offres pour l'élimination des matières dangereuses et la décontamination des bâtiments sera lancé par le MDDEFP. Par la suite, une caractérisation des lieux sera faite pour obtenir un portrait précis de la contamination du terrain.
Au sens de la loi, autant le propriétaire du terrain que les responsables de la contamination peuvent être tenus responsables des dégâts causés. Pourquoi alors est-ce seulement le propriétaire actuel qui est visé par les actions du MDDEFP, alors que des compagnies comme Alcoa, Corus et la Société générale de financement pourraient être impliquées dans la contamination passée?
«Pour le moment, les actions que nous avons prises l'étaient sur des mesures qui relevaient de la responsabilité du propriétaire actuel. Pour la suite, et la décontamination totale du terrain, tout est entre les mains de nos avocats, et aucun recours n'est écarté pour le moment», ajoute Stéphanie Lemieux.
Quant à l'enquête présentement en cours, dès qu'elle aura été complétée, le dossier sera transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui pourrait choisir de porter des accusations pénales contre Corporation TR et Tim Martinez.