Une cinquantaine de policiers et constables spéciaux de 18 organisations policières du Québec ont érigé des barrages à plusieurs endroits stratégiques à Trois-Rivières, jeudi, pour lutter contre la conduite avec les facultés affaiblies.

Alcool ou drogue au volant: opération nationale de prévention lancée à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Des agents de 18 organisations policières de la province ont convergé jeudi soir vers Trois-Rivières pour mener la vie dure aux automobilistes qui prennent la route même s’ils ne sont pas en état de conduire. Une cinquantaine de ces policiers se sont postés à des intersections stratégiques de la ville, dans le cadre de l’opération nationale concertée «Alcool ou drogue au volant, c’est criminel».

Cette opération est organisée chaque année, mais c’est la première fois qu’elle est lancée à Trois-Rivières. Des policiers de Montréal, Québec, Lévis, Saguenay, notamment, de même que des contrôleurs routiers et des employés de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), ont pris part à cette opération de sensibilisation, mais aussi de répression.

«Tous les policiers qui proviennent d’autres régions vont se joindre aux policiers de Trois-Rivières et de la Sûreté du Québec (SQ) pour prendre en charge d’éventuels contrevenants en matière d’alcool au volant. Ils vont nous donner un coup de main dans le but de sensibiliser la population, mais aussi tenter de détecter les conducteurs fautifs», explique Luc Mongrain, responsable des relations publiques à la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR).

Des bénévoles d’Opération Nez rouge ont aussi accompagné les policiers. Ceux-ci devaient remettre une carte avec le numéro du service de raccompagnement dans la région aux conducteurs interpellés.

Sauver des vies

De tels barrages auront lieu un peu partout à travers la province, jusqu’au 2 janvier. Les policiers souhaitent inciter la population à utiliser un service de raccompagnement ou prévoir un conducteur désigné plutôt que de risquer de prendre le volant en état d’ébriété. C’est d’ailleurs sous le thème «Vous sortez? Nous aussi» que se déroulera cette opération nationale.

«C’est encore une problématique qui est très présente, on a 100 décès en moyenne par année qui sont causés par la capacité affaiblie de conduire, donc on doit continuer à intervenir, souligne Paul Leduc, chef de service de la sécurité routière à la SQ. Notre message, c’est: vous sortez, vous allez avoir du plaisir, mais nous aussi, on sort pour aller sauver des vies.»

Pierre Bourgeois, de l’Association des directeurs de police du Québec, a d’ailleurs insisté sur ce point lorsqu’il s’est adressé à la cinquantaine d’agents présents à la réunion précédant l’opération. «L’alcool et la drogue sont la cause de 30 % des collisions mortelles au Québec. Vous ne le réalisez peut-être pas, mais à chaque intervention que vous faites, c’est potentiellement une vie que vous sauvez ou une blessure grave que vous prévenez. Bref, une famille qui ne sera pas détruite», a-t-il souligné.

Un message à répéter

Chaque année, les policiers québécois arrêtent en moyenne 6000 personnes pour conduite avec les facultés affaiblies, dont un nombre grandissant de cas associés à la drogue, selon la SQ. À Trois-Rivières, la DPTR indique que 255 personnes, en moyenne, sont arrêtées chaque année pour cette raison.

«Pendant l’opération, l’an dernier, 970 personnes ont été arrêtées, malgré toute la prévention et les sorties médiatiques que l’on a faites. C’est beaucoup trop», se désole M. Leduc.

Quant aux conséquences de la conduite avec facultés affaiblies, tout conducteur arrêté pour cette raison verra son permis de conduire suspendu pour 90 jours. Si des accusations sont portées contre lui et qu’il est reconnu coupable par un tribunal, il est passible d’une amende minimale de 1000 $ et d’une interdiction de conduire pour une durée un an. Ces conséquences sont doublées en cas de récidive.