Alcoa parmi les meilleurs employeurs

Bécancour — Alors que la direction de l’Aluminerie de Bécancour a procédé à un lock-out le 11 janvier qui est ouvertement dénoncé par le millier de travailleurs syndiqués, voilà que le magazine américain Forbes vient de nommer Alcoa comme l’un des meilleurs employeurs au Canada. Ce classement annuel est établi à l’aide d’un sondage envoyé aux employés.

Alcoa, qui exploite les alumineries de Bécancour, Deschambault et Baie-Comeau, au Québec, se classe ainsi au 34e rang du palmarès des 300 meilleurs employeurs, en hausse de neuf points par rapport à 2017. «C’est avec beaucoup de fierté que j’accueille cette nouvelle. Que nos employés considèrent Alcoa comme un des meilleurs employeurs au Canada est un grand honneur pour nous, car ils constituent l’un des principaux piliers de notre réussite», évoque Jean-François Cyr, président, Alcoa Canada.

Pour dresser sa liste, Forbes a procédé à un sondage anonyme et indépendant auprès de 8000 employés canadiens par l’entremise d’une variété de groupes en ligne. En plus d’évaluer leur employeur sur une échelle de 1 à 10, les répondants devaient identifier les bons et mauvais employeurs de leur industrie. Cette enquête évalue quelque 1500 compagnies canadiennes employant 500 personnes ou plus.

«Le sondage doit sûrement avoir été fait avant le lock-out», a laissé échapper le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse. «Je ne peux pas dire que c’est un mauvais employeur, mais je pense qu’ils ont pris une mauvaise décision, c’est plus ça. Un employeur qui décide de décréter un lock-out au lieu de tenter de faire un règlement avec ses employés, je pense que c’est une mauvaise décision qu’ils ont prise», a-t-il confié en entrevue.

«L’industrie de l’aluminium est un milieu compétitif où il est important de pouvoir compter sur l’engagement de nos employés afin d’assurer notre succès et de continuellement améliorer la productivité de notre entreprise. Toujours viser de plus hauts sommets nous permet d’attirer et de conserver les meilleurs talents d’année en année. Nous remercions nos gens de faire d’Alcoa un employeur de choix», a ajouté pour sa part M. Cyr.

Cette nouvelle survient au moment même où les syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour sont sous le coup d’un lock-out depuis un mois. Le monde politique vient de s’unir pour inviter les parties à relancer les négociations. Des rencontres sont d’ailleurs prévues vendredi au bureau de la ministre responsable du Travail, Dominique Vien, en présence du député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard.

Alcoa Canada emploie 2500 personnes et exploite trois usines au Québec en utilisant de l’électricité provenant principalement de sources renouvelables. Elle administre également le Centre d’excellence mondial de l’aluminium d’Alcoa Corporation.

Ensemble, les alumineries de Bécancour, Deschambault et Baie-Comeau ont une capacité de production de près d’un million de tonnes métriques d’aluminium sous la forme de lingot, de billette et de plaque.

L’Aluminerie de Bécancour est détenue par Alcoa Corporation (74,95 %) et par Rio Tinto (25,05 %).