Les travailleurs de l’ABI continuent de faire du piquetage, eux qui sont en lock-out depuis un an.

Alcoa «déterminée à trouver une solution»

Bécancour — Un an après avoir déclenché un lock-out, la direction d’ABI demeure déterminée à conclure un accord négocié avec le Syndicat des Métallos, «qui apportera les changements fondamentaux nécessaires au succès de l’usine». Et du même souffle, elle assure ne pas vouloir fermer son usine de Bécancour.

«La direction d’ABI a toujours souligné la nécessité d’améliorer la productivité et la profitabilité de l’aluminerie. Elle a toujours répété que l’usine peut avoir un futur viable, avec la coopération du syndicat», affirme Anne-Catherine Couture, du Service des communications.

Celle-ci rappelle qu’en octobre 2018, la direction d’ABI a présenté à la partie syndicale des propositions détaillées intégrant divers éléments nécessaires pour assurer l’avenir de l’aluminerie. Ces propositions, dit-elle, demeurent sur la table pour discussion. «Celles-ci sont équitables et alignées avec l’industrie de l’aluminium», souligne la porte-parole d’Alcoa.

Dans un communiqué de presse, la direction d’ABI dit apprécier les efforts déployés par le gouvernement pour aider les parties à parvenir à un accord. ABI se montre également sensible à l’impact de ce conflit sur les employés, les familles, les clients, les fournisseurs et la communauté. «La direction d’ABI est déterminée à trouver une solution qui assurera un avenir durable et prospère à l’aluminerie», renchérit Mme Couture.

L’entreprise justifie le lock-out en raison des moyens de pression qui ont été mis en place par le syndicat durant les négociations de 2017 et qui ont causé une détérioration importante des conditions d’opération, créant des dangers pour les employés et menaçant les installations.

«Le rejet par le syndicat d’une offre finale a forcé la direction d’ABI à prendre les mesures nécessaires pour protéger ses employés et ses actifs en décrétant un lock-out le 11 janvier 2018», explique la direction.

Par ailleurs, Alcoa affirme que les tarifs électriques d’ABI ne sont en aucun cas reliés au conflit de travail. Et l’employeur soutient qu’il n’y a aucun briseur de grève illégal dans l’usine.

«Environ 115 employés-cadres opèrent présentement une portion de l’usine, s’assurant qu’elle soit opérée de manière sécuritaire et entretenue en vue d’un redémarrage une fois qu’une entente sera conclue. Les cadres ont rétabli la stabilité dans l’aluminerie après le lock-out et ont amélioré la qualité du métal», explique-t-on.

Par ailleurs, la direction d’ABI a proposé des changements organisationnels qui peuvent être effectués sans mise à pied, dit-elle, à travers des départs à la retraite volontaires seulement. Depuis janvier 2018, environ 110 employés ont pris leur retraite, et environ 30 pour cent de la main-d’œuvre sera éligible à la retraite d’ici les quatre prochaines années.

«ABI doit améliorer sa productivité. Une nouvelle entente doit prendre en compte cette réalité démographique et ainsi ajuster la façon dont le travail est fait», précise-t-on.

Est-ce vrai qu’ABI a les plus bas coûts de main-d’œuvre parmi toutes les alumineries d’Alcoa? «Non, en tant qu’opérateur d’actifs internationaux, Alcoa utilise de nombreux indicateurs pour évaluer une usine et ABI se retrouve derrière plusieurs de ses homologues internationaux et québécois», répond la direction.

Est-ce qu’ABI tente de contourner l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre? «Non, la direction d’ABI a proposé des solutions concurrentielles, équitables, alignées avec l’industrie et qui respectent l’ancienneté. Les changements organisationnels proposés par la direction d’ABI sont nécessaires, afin de limiter une cascade insoutenable de transferts internes avec les retraites à venir. À titre d’exemple, pour l’année 2017, environ 700 transferts ont été répertoriés, créant des difficultés au maintien d’opérations stables et continues», fait-on savoir.

Finalement, il a été possible d’apprendre que l’employeur propose des augmentations de salaire devant être négociées avec le syndicat. «Toutes les propositions émises sont soit au-dessus ou alignées avec le reste de l’industrie de l’aluminium au Québec», conclut-on.