Gilles Charland.

Alain Fournier forcé de verser 20 000 $ à Gilles Charland

Trois-Rivières — Un ex-cadre de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Alain Fournier, a été condamné à verser 20 000 $ à l’ancien vice-recteur intérimaire aux ressources humaines de l’institution, Gilles Charland, pour avoir terni sa réputation.

La Cour supérieure du Québec a conclu que les propos tenus par l’ancien directeur des équipements de l’UQTR lors de son passage devant le Tribunal administratif du travail, en 2015, étaient faux et étaient «de nature à causer un dommage au demandeur (M. Charland)». Même s’il donne raison à ce dernier, le juge Jocelyn Geoffroy a toutefois refusé de condamner Alain Fournier à verser le montant réclamé par M. Charland, soit 150 000 $. Le magistrat accorde toutefois à l’ancien vice-recteur de l’UQTR un montant de 15 000 $ pour «l’atteinte illicite et intentionnelle du défendeur à son égard». Une somme de 5000 $ lui est également accordée pour dommages exemplaires. M. Fournier devra également payer à M. Charland des intérêts et une indemnité additionnelle depuis le 22 août 2016.

L’origine de cette saga judiciaire remonte à la mise à pied d’Alain Fournier, en 2013. L’ex-cadre avait ensuite déposé quatre plaintes au Tribunal administratif du travail, pour lesquelles il a été entendu en 2015. Lors de son témoignage, il avait affirmé que Gilles Charland lui avait demandé de lui faire construire une bibliothèque et qu’il avait refusé de le faire. M. Fournier alléguait que cette demande lui avait été faite alors que M. Charland sortait du café-bistro de l’UQTR, la Chasse-galerie, un café à la main, tôt le matin.

«Le Tribunal retient de la preuve que M. Charland ne buvait jamais de café, qu’à l’heure mentionnée le café Chasse-galerie était fermé et que l’endroit où M. Charland aurait été rencontré n’était pas sur le chemin que M. Charland empruntait normalement pour se rendre à son bureau», indique le juge Geoffroy dans son jugement. Le magistrat conclut par ailleurs que cette allégation «est fausse et de nature à causer un dommage au demandeur». Il ajoute qu’il considère que cette allégation a été faite de mauvaise foi et avec une intention malicieuse.

Alain Fournier.

Le juge considère également fausse l’allégation voulant que MM. Charland et Fournier aient tous deux assisté à une rencontre lors de laquelle la fille d’un entrepreneur avait demandé un retour d’ascenseur pour obtenir des contrats dans la construction du campus de l’UQTR à Drummondville. L’entrepreneur en question, le Groupe Soucy, n’œuvrant pas dans le domaine de la construction, le magistrat juge invraisemblable qu’une telle demande ait réellement pu être formulée. Il ajoute que cette rencontre n’était pas confidentielle et qu’elle ne devait donner lieu à aucune prise de décision.

Alain Fournier a aussi été débouté sur l’allégation de menaces dont il dit avoir été victime de la part de M. Charland pour qu’il accepte une quittance. Selon le juge Geoffroy, son témoignage «ne s’avère pas crédible».

«Très heureux»

Rejoint par Le Nouvelliste vendredi, Gilles Charland s’est dit satisfait de l’issue de ce procès, qui avait débuté en septembre dernier. «Avoir gain de cause, c’était l’élément important pour moi, souligne-t-il. L’objet de ma requête était de rétablir ma réputation, et c’est fait. J’en suis très heureux. C’était aussi important face à la communauté universitaire de l’UQTR et la région, parce que le temps que j’ai été là, je me suis dévoué pour l’université et ses étudiants.»

En plus des 150 000 $, M. Charland réclamait que M. Fournier de publier des excuses et une rétractation dans un quotidien de la région. Le juge Geoffroy a toutefois estimé que «cela ne ferait que rajouter de l’huile sur le feu» et croit que la possibilité de faire référence au jugement qu’il a rendu est suffisante.

Le Nouvelliste a tenté en vain vendredi de rejoindre Alain Fournier pour obtenir ses réactions au jugement.