Les Aigles Can-Am souhaitaient obtenir une aide financière de la Ville pour assurer leur continuité.
Les Aigles Can-Am souhaitaient obtenir une aide financière de la Ville pour assurer leur continuité.

Aigles Can-Am: le conseil municipal reporte la décision d’une aide financière supplémentaire

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alors que les Aigles Can-Am espéraient obtenir une aide ponctuelle supplémentaire de 50 000 $ de la Ville de Trois-Rivières pour assurer leur saison 2020, le conseil municipal a plutôt choisi de reporter la décision après l’adoption du budget 2020, en décembre prochain. Une décision qui laisse maintenant planer un doute sur l’avenir de l’équipe, elle qui avait laissé entendre à la Ville que la survie de l’équipe pouvait dépendre de cette aide, et qui avait fixé une date butoir au 25 septembre.

Le conseil municipal avait convoqué une assemblée extraordinaire mercredi après-midi, afin d’adopter une résolution permettant de verser une subvention de 50 000 $ aux Aigles Can-Am, contre plusieurs conditions, dont celles de trouver un commanditaire pour le stade, d’assurer l’augmentation de ses assistances et de trouver de nouveaux actionnaires.

Le conseil municipal a voté à la majorité pour le report de la décision.

Toutefois, séance tenante, le conseiller municipal Claude Ferron a invoqué l’article 44 du règlement intérieur de la Ville, qui lui permettait de reporter à plus tard la prise de cette décision, lui qui estime que le conseil n’en est qu’au tout début de ses discussions sur l’exercice budgétaire municipal et que ses collègues n’avaient pas en main tous les chiffres nécessaires, notamment les états financiers 2019 des Aigles, pour prendre une décision éclairée.

Il faut savoir que le conseil municipal octroie déjà 275 000 $ par année aux Aigles Can-Am, et ce, depuis 2016. Depuis 2012, ce sont près de 2 M$ qui ont été versés par la Ville à l’équipe. La volonté de la Ville, selon la première résolution, était de faire de cette aide de 50 000 $ une aide ponctuelle, mais il n’a pas été possible de savoir si les Aigles espéraient en faire une aide récurrente.

Cette proposition de report de la décision a donc été votée à la majorité, à 7 voix contre 5, le maire Jean Lamarche ayant choisi de voter contre ce report pour faire clairement connaître sa position favorable à continuer de soutenir l’équipe de baseball professionnel. «Ils sont dans une démarche et moi je pense que ce n’est pas le temps de freiner cette démarche-là. On ne doit pas tirer sur la plogue, mais plutôt regarder comment on peut travailler avec eux pour aller encore de l’avant», a déclaré Jean Lamarche, visiblement déçu de l’issue du vote.

Au final, les conseillers Dany Carpentier, Mariannick Mercure, Pierre Montreuil, Pierre-Luc Fortin, François Bélisle, Denis Roy et Claude Ferron ont voté pour le report. Les conseillers Daniel Cournoyer, Maryse Bellemare, Michel Cormier et Sabrina Roy s’y sont opposés, de même que le maire Lamarche. Ginette Bellemare, Luc Tremblay et Valérie Renaud-Martin n’ont pas pris part à cette séance spéciale.

Selon Claude Ferron, la décision de reporter cette résolution était une décision de bon gestionnaire. 

«On est en pleine séance d’étude budgétaire. On n’a pas encore le portrait de l’ensemble du budget de la Ville», constate celui qui aurait voulu avoir les états financiers de 2019 des Aigles en main pour décider, un avis partagé par plusieurs de ses collègues. 

«Je comprends la situation d’urgence des Aigles. Mais moi je veux aussi m’assurer que les priorités de la Ville seront rencontrées avant», a ajouté Mariannick Mercure, notant au passage que la Ville aurait également à faire des choix budgétaires sur, par exemple, la STTR et plusieurs mesures environnementales.

Daniel Cournoyer ne partageait pas cet avis, pour sa part. «Il en va de la survie, selon les administrateurs. Je pense que c’est un montant qu’on se doit de mettre dans l’organisation pour assurer sa pérennité», a-t-il indiqué.

150 000 $?

Bien que l’aide ponctuelle demandée par les Aigles Can-Am était de 50 000 $, certains ont laissé entendre qu’il s’agissait plutôt d’une demande globale de 150 000 $, alors que d’autres montants s’inscrivaient dans d’autres enveloppes budgétaires. Une grande partie de ce montant aurait dû être versée aux Aigles juniors, qui devaient reverser le montant aux Aigles pour l’utilisation du terrain. D’autres dépenses devant être réalisées sur le terrain aux frais de l’équipe revenaient désormais à la Ville de Trois-Rivières. 

Claude Ferron ne nie pas que la situation des Aigles puisse être préoccupante, mais se demande à quel point le sauvetage de l’équipe doit reposer sur les épaules de la Ville. «À voir les états financiers 2018, je crois que oui, ils sont en difficulté. Maintenant, jusqu’à quel prix on veut garder l’organisation? Je sais bien qu’on voudrait occuper le stade. Le sort n’est pas défini, on ne fait que reporter la décision. La porte n’est pas fermée», ajoute-t-il.

Le délai inquiète toutefois le maire Lamarche, qui estime essentiel de garder cette équipe à Trois-Rivières. «C’est un produit d’appel qui nous permet de rayonner, c’est du baseball de fort calibre, mais ça assure aussi l’occupation de notre stade pour lequel on investit beaucoup d’argent. Le fleuron, le produit d’appel, c’est les Aigles de la ligue Can-Am», signifie le maire.

Avenir incertain

Dans un bref communiqué émis mercredi soir, l’organisation des Aigles a dit vouloir prendre quelques jours afin de décider de la suite des choses. «Devant une telle décision, les actionnaires de l’organisation des Aigles de Trois-Rivières prendront quelques jours afin de se consulter, réfléchir et prendre une décision quant à l’avenir des Aigles», indique le communiqué.