Alain Gélinas, président de la CAVP.

Aide demandée pour tester les maisons

TROIS-RIVIÈRES — Ce n’est pas en 2019 que les membres de l’exécutif de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite prendront leur retraite même si le dossier a fait un pas de géant, il y a quelques jours, avec l’annonce d’une aide gouvernementale de Québec et d’Ottawa pour poursuivre les recherches scientifiques sur ce minéral destructeur.

Le 11 janvier, la CAVP rencontrera le député de Trois-Rivières Jean Boulet et espère rencontrer également la ministre des Affaires municipales et de l’habitation, Andrée Laforest, afin d’aborder certaines demandes qui sont toujours pressantes dans ce dossier.

Un des objectifs principaux de la CAVP, pour 2019, est en effet d’obtenir du gouvernement une aide financière pour les victimes qui ne se sont pas encore manifestées afin qu’elles puissent faire faire des tests de pyrrhotite.

La CAVP rappelle qu’un sondage réalisé en 2018 révèle que «certaines victimes refusent de voir le problème et estiment que ça va s’arranger avec le temps». Le sondage révélait également que certaines victimes n’ont pas l’argent nécessaire pour faire faire leurs tests de pyrrhotite dont le prix s’élève à quelque 1500 $ pour un premier examen visant à déterminer si oui ou non il y a de la pyrrhotite dans le béton. «S’il y en a, un second test doit alors être fait pour déterminer à quel taux et là encore, il faut débourser entre 1200 $ et 1500 $», rappelle le président de la CAVP, Alain Gélinas.

«Sur 4000 maisons qui ont été testées jusqu’à présent», ajoute-t-il, «environ 2000 étaient positives.»

Ces chiffres laissent donc croire que la moitié des 8000 maisons construites entre 1996 et 2008 dans le territoire touché par la pyrrhotite ont tiré le mauvais ticket.

Outre le fait que certains propriétaires n’ont pas l’argent pour faire ces tests, «certains n’ont pas l’énergie en raison de leur état de santé ou de leur âge et d’autres attendent de voir la conclusion du premier procès» qui est toujours en cour d’appel, conclut la CAVP dans son bilan de l’année 2018.

L’audition de cet appel s’est terminée le 30 avril dernier. Les victimes attendent le jugement d’ici peu.

Rappelons qu’un autre procès s’amorcera dès que les résultats de l’appel seront connus. Ce procès dit de la deuxième vague est toujours ouvert, pour l’instant, à ceux et celles qui veulent s’inscrire. Il faut toutefois avoir en main les deux tests. «Après le résultat du premier procès, on saura jusqu’à quelle date les autres victimes auront pour pouvoir embarquer dans la vague 2», précise Alain Gélinas en indiquant que le procès de troisième vague, lui, concernera les victimes situées en zone grise. Ces dernières comptent d’ailleurs beaucoup sur les travaux de recherche de l’Université Laval pour savoir si leurs fondations seront ou non affectées, après un certain nombre d’années, par leur taux de pyrrhotite inférieur à 0,23 %.

Tout au long de 2018, la CAVP a organisé plusieurs rencontres avec des organismes comme Re/Max de la Mauricie, la Chambre immobilière de la Mauricie et la Garantie de construction résidentielle afin d’offrir de la formation sur l’avancement du dossier et d’échanger avec eux sur l’importance de la qualité dans la construction au Québec.

La plus importante activité organisée par la CAVP, au cours de l’année, fut le colloque transfrontalier tenu à Trois-Rivières auquel ont participé ses partenaires de l’État américain du Connecticut, où l’on compte plus de 30 000 cas de pyrrhotite.

Le 28 octobre, la CAVP demandait une rencontre avec les nouveaux ministres Sonia LeBel et Jean Boulet afin de reformuler ses demandes et passer en revue ses priorités.

En novembre, la CAVP acheminait une lettre au ministre fédéral François-Philippe Champagne concernant la poursuite des études sur la pyrrhotite. Dès le 17 décembre, les deux gouvernements annonçaient conjointement un octroi de 4,9 M $ à la recherche sur pyrrhotite qui sera menée par l’Université Laval.


« Après le résultat du premier procès, on saura jusqu’à quelle date les autres victimes auront pour pouvoir embarquer dans la vague 2  »
Alain Gélinas

Lors de sa rencontre avec le ministre Boulet, en janvier, la CAVP voudra notamment savoir si le gouvernement est prêt à continuer de soutenir les victimes si jamais les parties défenderesses décidaient de porter leur cause en Cour suprême.

«Si c’est réglé, que ça ne va pas en appel et que des chèques sont émis en 2019, ça va peut-être motiver les propriétaires, voyant que les victimes sont payées, à intenter eux aussi une poursuite», analyse le président de la CAVP «et ça va peut-être aussi motiver les gens à faire passer leurs tests. Si la première partie du test est payée, on va pouvoir mettre un point final et avoir le portrait global de cette fameuse crise-là», résume M. Gélinas.

Au cours des prochaines semaines, la CAVP tentera de finaliser également une entente avec la Corporation de développement économique et communautaire de Trois-Rivières au sujet d’une entente de services d’accompagnement qui pourraient être offerts aux victimes de la région. Des rencontres ont été tenues avec les Villes de Trois-Rivières et de Shawinigan à ce sujet en 2018.