Près d’une centaine de personnes ont assisté à la séance d’information sur l’agrile du frêne à Trois-Rivières.

Agrile du frêne: un plan d’action mis en place

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières n’est pas restée les bras croisés lorsqu’elle a découvert que l’agrile du frêne avait fait son apparition sur son territoire. Elle a en effet mis en place un plan d’action afin d’amoindrir les impacts qu’aura cet insecte venu d’ailleurs.

Une séance d’information, au cours de laquelle les mesures qui seront prises ont été présentées, a d’ailleurs eu lieu, mercredi soir. Signe que l’arrivée de ce parasite en sol trifluvien n’est pas prise à la légère, une centaine de personnes avaient répondu positivement à l’invitation afin d’en savoir plus sur les ravages qu’il peut causer ainsi que sur les moyens à prendre pour le contrer. La rencontre a également fait l’objet d’une web diffusion sur la chaîne YouTube de la Ville.

Rappelons que l’agrile du frêne est un insecte ravageur qui a tué des millions de frênes en Amérique du Nord depuis dix ans, dont un premier foyer d’infestation a été découvert à Trois-Rivières en mars dernier au parc Antoine-Gauthier dans le secteur Pointe-du-Lac. À la suite de cette découverte, des échantillons ont été envoyés à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, qui a authentifié l’ADN des larves récoltées après l’écorçage comme étant des larves d’agrile. Il s’agirait pour le moment du seul foyer d’infestation en sol trifluvien. Généralement, l’agrile du frêne endommage et tue les peuplements de deux à cinq ans après le début de l’infestation.

En raison de la présence de plus de 4500 frênes sur les terrains publics et privés de la ville, les autorités de cette dernière conseillent en premier lieu aux citoyens qui possèdent un ou plusieurs arbres de cette essence sur leur propriété de procéder à une inspection. Un dégarnissement et un dépérissement de la cime de l’arbre, un développement de pousses adventives à la base du tronc, une apparition de trous de sorties dans l’écorce en forme de D majuscule et la présence de galeries sous l’écorce bloquant la sève du frêne de circuler sont les symptômes que peut présenter un arbre infecté. Les citoyens ayant des doutes peuvent appeler au 311 pour demander qu’un spécialiste de la Ville se rende chez eux.

Selon la représentante de la Ville qui a dirigé la séance d’information, Nancy Thériault, il est possible de traiter un arbre avant que les symptômes apparaissent s’il a un diamètre à hauteur de poitrine égal ou supérieur à 20 et s’il présente un dépérissement de moins de 30 %. Le pesticide recommandé par la Ville et utilisé par l’entreprise qui a remporté l’appel d’offres pour traiter les arbres publics est le TreeAzinMD. Ce produit est injecté grâce à des capsules à ressort. Le traitement doit être effectué idéalement entre le 15 juin et le 31 août. Son taux d’efficacité est de 95 % et protège les arbres pour une durée de deux ans.

«La Ville a convenu avec l’entreprise [la firme lavalloise Strathmore] que les citoyens auraient droit au même prix qu’elle pour le traitement de leurs arbres, soit 3,33 $ du centimètre traité», explique Mme Thériault, avant d’ajouter que les modalités concernant cette offre seront rendues publiques prochainement.

Si l’évaluation de la santé d’un frêne permet de conclure à un taux de dépérissement supérieur à 30 %, l’arbre doit être abattu. Fait à noter, il est obligatoire de soigner ou d’abattre un arbre en cas d’infestation majeure en vertu de la réglementation municipale.

Dans le cas où l’abattage est nécessaire, la Ville délivrera gratuitement le permis requis et elle recommande que la coupe et le transport du bois se fassent entre le 1er octobre et le 15 mars. De plus, il est fortement conseillé de déchiqueter sur place le bois en morceaux de moins de 20 cm de diamètre. Pour les pièces plus volumineuses, la Ville demande qu’elles soient transportées dans un site autorisé au maximum 15 jours après l’abattage. Il est également interdit de conserver le bois de frêne comme bois de chauffage.

Afin de démontrer l’importance de ce phénomène et des conséquences qu’il peut avoir, Mme Thériault indique qu’il semble que seulement 1 % des frênes soient en mesure de résister à l’agrile.

En plus de la mise en place de ce plan d’action, la Ville participe à un projet pilote en collaboration avec GDG Environnement, l’Institut national de la recherche scientifique et Environnement Canada. Dans le cadre de ce dernier, des tests sont réalisés afin d’homologuer un traitement aux champignons contre l’agrile.