Au total, 32 arbres infectés par l’agrile du frêne ont été abattus en face du poste de police de Trois-Rivières.

Agrile du frêne: des arbres abattus à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Le premier d’une possible longue série d’abattages d’arbres infectés par l’agrile du frêne s’est déroulé, mercredi avant-midi, sur le territoire de la ville de Trois-Rivières.

Trente-deux frênes situés devant le poste de police du boulevard des Forges avaient été ciblés par les spécialistes et ont donc dû être coupés. D’ici au 30 novembre, un total de 59 spécimens de cette essence seront abattus. Outre celui se trouvant devant le quartier général du corps de police, les autres foyers d’infestation visés se trouvant sur des terrains publics sont situés dans le secteur Pointe-du-Lac, au centre-ville, sur la rue Ogden ainsi que sur le boulevard Thibeau dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Conformément au plan d’action de lutte contre ce fléau présenté l’été dernier et adopté en septembre, tous les frênes qui seront abattus présentent un taux de dépérissement supérieur à 30 %.

En se basant sur la façon dont s’est propagé l’agrile dans d’autres villes du Québec au cours des dernières années, la spécialiste en environnement à la Ville, Nancy Thériault, s’attend à ce que des opérations du genre soient nécessaires au cours des prochaines années. Elle n’est cependant pas en mesure de le confirmer à l’heure actuelle.

«L’évolution de l’insecte se fait au gré des saisons et selon sa biologie. On fait ce qu’il faut pour ralentir le plus possible la propagation de l’insecte», explique Mme Thériault.

Afin de compenser ces coupes, des arbres de différentes essences seront plantés au cours de l’année 2019.

«L’idée, c’est de créer une diversité au sein de la forêt urbaine. Il y aura notamment de l’érable, du tilleul, de l’orme, du bouleau et du chêne. Ça dépendra entre autres de l’emplacement et de la situation au niveau de la pollution», poursuit Mme Thériault.

Les propriétaires d’arbres infectés à plus de 30 % ont également le devoir de les abattre. La Ville délivrera gratuitement le permis requis. Il est nécessaire de déchiqueter sur place le bois en morceaux de moins de 20 centimètres de diamètre. Les pièces plus volumineuses doivent quant à elles être transportées dans un site autorisé au maximum 15 jours après l’abattage. De plus, il est interdit de conserver le bois d’un frêne infecté par l’agrile afin de s’en servir comme bois de chauffage. Rappelons que l’abattage des frênes est autorisé uniquement entre le 1er octobre et le 15 mars, car l’insecte est inactif pendant cette période.

«Il y a plusieurs permis qui ont été émis jusqu’à maintenant», mentionne la spécialiste en environnement.

Traitement

Il est par contre possible de traiter les arbres avant que les symptômes apparaissent s’ils ont un diamètre à hauteur de poitrine égal ou supérieur à 20 centimètres ou s’ils présentent un dépérissement de moins de 30 %. Si le traitement de leurs arbres est possible, les citoyens bénéficieront du même tarif de la Ville, soit 3,33 $ du centimètre traité. Le pesticide utilisé par l’entreprise qui a remporté l’appel d’offres pour traiter les arbres publics est le TreeAzinMD. Ce produit est injecté à l’aide de capsules à ressort. Le traitement doit être effectué idéalement entre le 15 juin et le 31 août. Son taux d’efficacité est de 95 % et protège les arbres pour une durée de deux ans.

Sur les terrains appartenant à la Ville, 30 % de la population de frênes pourront être traités. Les traitements seront effectués cette année ainsi que l’an prochain.

«L’idée est de répartir les coûts car le traitement doit être répété aux deux ans. Une cinquantaine de citoyens, dont certains qui avaient plusieurs arbres sur leur terrain, ont décidé de les préserver. En plus d’embellir le paysage, les arbres ont d’autres fonctions. Ils servent entre autres comme filtres contre la pollution et de moyen de protection contre la chaleur l’été», mentionne Mme Thériault.