Françoise Viens soutient avoir été victime d’agressions verbales et de menaces de la part du maire Yves Lévesque.

Agressions verbales et menaces

Une autre voix s’ajoute à celle de l’ex-greffier Gilles Poulin afin de dénoncer des agissements qu’aurait eu le maire sortant Yves Lévesque. L’ancienne conseillère municipale Françoise Viens, qui a quitté la vie politique en 2013, évoque aujourd’hui avoir été victime d’«agressions verbales et de menaces» de la part du maire Yves Lévesque lorsqu’elle était conseillère municipale du district des Forges. Des allégations catégoriquement niées par le principal intéressé.

Dans une lettre ouverte publiée aujourd’hui dans nos pages, Françoise Viens croit qu’«il faut mettre un terme à ce règne de l’intransigeance». 

Mme Viens soutient avoir été victime d’agressions verbales et de menaces de la part du maire Yves Lévesque, et ce, à de multiples reprises lorsqu’elle était conseillère municipale.

Elle note cette fois où «me reprochant d’avoir semble-t-il parlé aux médias, le maire Lévesque m’avise en hurlant qu’il ne voulait plus travailler avec moi, me menaçant clairement de me faire tomber aux prochaines élections comme il l’avait fait avec Alain Gamelin et Jean-François Caron. J’ai pourtant été réélue», écrit-elle.

Mme Viens raconte aussi une autre fois où elle aurait été invectivée par le maire alors qu’elle venait d’organiser une rencontre avec des citoyens de son secteur pour discuter d’un problème qui se vivait dans le district. Rencontrée d’abord par le chef de cabinet, Mme Viens aurait ensuite été témoin de la colère d’Yves Lévesque. «Le maire surgit alors encore une fois pour s’en prendre verbalement à moi et me reprocher violemment ma façon d’accomplir mon travail. (…) Est-il normal et acceptable qu’un maire essaie de terroriser toute personne qui ose le contredire?», ajoute-t-elle.

En entrevue téléphonique, Françoise Viens indique qu’elle a voulu informer les citoyens de ces événements afin qu’ils puissent connaître «la vraie nature de ceux qui nous gouvernent et qu’ils posent des questions avant d’aller voter».

«M. Lévesque, c’est une personne qui décide de tout, tout, tout! Il faut se rallier à lui. Si on a le malheur de poser une question, ça veut dire qu’on est contre lui systématiquement. Mais je peux vous dire que tout est décidé dans le bureau du maire. Pourtant, les conseillers devraient avoir leur mot à dire», indique-t-elle, mentionnant avoir à quelques reprises été aussi invectivée au téléphone par le maire sortant. Des conversations qui ont été entendues par des témoins, à qui elle avait passé le téléphone quelques instants.

Toutefois, contrairement à Gilles Poulin qui a donné son appui au candidat Jean-François Aubin, Françoise Viens dit qu’elle ne souhaite se rallier à aucun candidat, mais plutôt exposer une situation qui mérite d’être connue.

«C’est mon droit de dire ce qui se passe. Il faut que ça change. On est rendu là. Je ne veux plus que personne ne revive ça. C’est terrible de faire son travail quand on se sent toujours surveillé. Si on regarde ce que vivent plusieurs fonctionnaires, et même quelques citoyens qui osent poser des questions, on ne peut pas accepter que ce climat règne à l’hôtel de ville», ajoute-t-elle.

Questionnée à savoir si elle profitait de la période électorale pour assouvir une vengeance personnelle, elle indique qu’au contraire, elle souhaite que les électeurs réfléchissent à savoir s’ils veulent être gouvernés de cette façon. 

«J’ai fait cinq mandats consécutifs. J’ai tout aimé de mon travail de conseillère, sauf cette attitude-là», indique celle qui a fait partie du Groupe des sept, et qui n’a pas sollicité de nouveau mandat en 2013, en grande partie à cause de ça dit-elle.

Poursuites?

Appelé à réagir à cette sortie, le maire sortant Yves Lévesque n’a pas caché que des poursuites en diffamation pourraient être entamées contre Mme Viens. 

«Mes opposants ne savent plus quoi faire pour me nuire. C’est pathétique, triste, injuste et méchant. Je ne pensais pas qu’on pouvait tomber aussi bas que ça», mentionne Yves Lévesque, préférant attendre de prendre connaissance du contenu complet de la lettre avant de mandater ou non des avocats.

Le maire sortant nie catégoriquement toutes les allégations soulevées par Françoise Viens et soutient que si tout cela avait été vrai, ça se serait su bien avant. 

«Elle était dans l’opposition. Vous ne pensez pas que si ça s’était vraiment produit, elle en aurait profité la seconde suivante pour sortir ça et me faire du tort? C’est tout simplement méchant et mesquin, et je ne m’abaisserai pas à ce niveau-là», ajoute Yves Lévesque.