Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant a annoncé un investissement de 2,5 M$ pour le programme Agir tôt en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Agir tôt: investissements de 2,5 M$

TROIS-RIVIÈRES — Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) sera en mesure d’embaucher une trentaine d’intervenants supplémentaires grâce à l’octroi d’un montant de 2,5 millions de dollars du gouvernement dans le cadre du programme Agir tôt.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant s’est arrêté en Mauricie dans le cadre de sa tournée provinciale pour présenter le programme Agir tôt, qui vise à réduire les délais d’attente des familles dont un enfant présente un retard de développement ou un trouble d’apprentissage avant d’obtenir des services.

Le programme, dont le projet pilote est en vigueur depuis quelques années dans la région de Montréal, sera maintenant déployé partout en province, ce qui représente des investissements de 48 millions de dollars. C’est à l’aide d’un questionnaire offert sur une plateforme en ligne ainsi que des ressources supplémentaires en intervention que le programme viendra en aide aux familles touchées par ces problématiques.

«Malheureusement, certains [enfants] arrivent dans nos bureaux alors que les difficultés sont présentes depuis longtemps», affirme Dre Mélanie Noël, codirectrice du programme Jeunesse-famille au CIUSSS MCQ.

Ces problématiques qui ne sont pas décelées assez tôt dans le développement de l’enfant causent des délais qui portent à 27,7% le taux d’élèves de maternelle 5 ans qui présentent un retard dans au moins une des sphères de leur développement. Lionel Carmant explique que cela peut mener à des difficultés au niveau scolaire. «Ce n’est pas pour rien qu’à chaque bout du spectre on a les mêmes taux, 27% qui ont de la difficulté à l’entrée et 25% qui décrochent», fait-il remarquer.

En Mauricie, les délais avant d’obtenir des services de professionnels pour un enfant qui semble présenter des difficultés sont d’environ 5 mois. L’objectif du programme Agir tôt est de diminuer ce délai à 3 mois seulement.

Synda Ben Affana, mère d’un enfant présentant un TSA, a vanté les bénéfices de l’intervention précoce lors de l’annonce de jeudi.

«Plus on voit la difficulté rapidement, plus rapidement on peut donner le service et combler cette difficulté-là», commente Carol Fillion, qui a été nommé président-directeur général du CIUSSS MCQ en début de semaine.

Synda Ben Affana, mère d’un enfant de 6 ans présentant un trouble du spectre de l’autisme, a témoigné lors de l’annonce du ministre Carmant des bénéfices des interventions précoces sur le développement de son fils. «J’ai commencé mes inquiétudes lorsqu’il avait 6 mois: des retards de motricité, absence de contact visuel, à 18 mois, il ne rampait pas, aucun intérêt pour les jouets, des crises de colère, d’hypersensibilité», raconte-t-elle. Cette dernière a décidé de demander des services auprès d’un CLSC malgré une «peur du diagnostic».

Alors qu’il était âgé de 27 mois, le fils de Mme Ben Affana a reçu une proposition de diagnostic provisoire du trouble du spectre de l’autisme, ce qui lui a donné accès à une multitude de services.

«Cette année, il a fini sa maternelle à son école de quartier dans une classe régulière. [...] Il est aimé comme jamais à son école», affirme Mme Ben Affana, qui a non seulement remercié les intervenants impliqués dans le dossier de son fils, mais également sa propre volonté d’être allée chercher les services nécessaires au bon moment.

Le programme Agir tôt tombe à point avec un projet mis en place par le CIUSSS MCQ depuis 2017, qui n’oblige pas un enfant à détenir un diagnostic pour recevoir des services. «Le projet d’aujourd’hui va permettre qu’on le fasse encore plus et encore mieux. Alors vraiment, c’est un projet qui vient appuyer la façon dont travaille la Mauricie et le Centre-du-Québec depuis plusieurs années», explique M. Fillion.

Avec le déploiement du programme Agir tôt, le gouvernement souhaite rendre possible l’embauche de pas moins de 800 intervenants à travers la province.

Les investissements pour ce programme devraient atteindre 88 millions de dollars d’ici 2023-2024.