Agents évaluateurs: une formation avec des personnes intoxiquées

TROIS-RIVIÈRES — Les agents évaluateurs sont sur la ligne de front concernant la guerre contre la conduite avec les capacités affaiblies par les drogues. Le défi est de bien les former, et pour ce faire, l’École nationale de police n’a d’autre choix que de faire appel à des personnes réellement intoxiquées.

«On n’a pas d’individus qui sont intoxiqués à l’école. Il y a des ententes avec certains centres en réadaptation où des gens intoxiqués se présentent, et à ce moment-là, ils acceptent d’être volontaires pour ces évaluations-là. Il y a une grande partie éthique là-dedans. C’est fait dans le respect de ces gens-là», affirme Me Maxime Laroche, expert-conseil juridique à l’École nationale de police du Québec.

Me Laroche donne comme exemple une personne intoxiquée qui se rendrait dans un centre pour obtenir du soutien. Après avoir obtenu des soins si nécessaire, la demande lui est faite de prendre part à l’évaluation. «C’est organisé. Il y a une structure qui est mise en place avec les centres de réadaptation. C’est vraiment un partenariat entre les forces policières, l’École et le centre de réadaptation. [...] On lui demande s’il accepte de participer à une évaluation faite par le policier. Personne n’est forcé à faire ça. Personne n’est trop intoxiqué pour comprendre ce qui se passe», assure Me Laroche.

Actuellement, 140 agents évaluateurs sont actifs sur le terrain. Douze sont présentement en formation. L’objectif est d’en former 48 autres l’année prochaine. L’École soutient qu’elle répond à la demande. De toute façon, ce serait difficile d’en former davantage. «C’est une formation qui est quand même assez longue, assez complexe et qui nécessite notamment beaucoup de logistique», note l’avocat.

En plus d’une formation qui comprend environ 10 jours de théorie, l’aspect pratique compte aussi une dizaine de jours. Une partie est faite avec des comédiens et l’autre donc avec des personnes sous l’effet de la drogue. «Bien entendu, vous comprendrez qu’on ne payera jamais personne pour être intoxiqué. On ne recherche pas activement des personnes intoxiquées. C’est pour ça qu’on a des ententes avec des centres en réadaptation en dépendance», précise Me Laroche.