Les agents de la paix en services correctionnels du Québec ont manifesté à Trois-Rivières, lundi.

Agents correctionnels: les négos partent du mauvais pied

Environ 400 agents correctionnels des quatre coins du Québec ont manifesté bruyamment à Trois-Rivières, lundi, malgré la pluie, devant l'Hôtel Delta où leur président recevait au même moment les premières offres patronales concernant leur prochaine convention collective.
Vers midi, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, s'est adressé aux manifestants en ces termes: «On sort d'une rencontre qui n'était pas très, je dirais, agréable. Ce qu'on comprend, aujourd'hui, c'est qu'ils veulent attaquer entièrement tout le pan de mur de notre convention collective, a-t-il expliqué, que ça parle de nos maladies, que ça parle de notre fonds de pension. Ils veulent toucher à tout, c'est ça qu'ils demandent.»
«On est 500 aujourd'hui (lundi)», a-t-il dit. «Je leur ai promis que la prochaine fois, on serait 750.»
Le gouvernement, a expliqué le président, «a exposé 12 pages» qui, selon lui, sont «une grande déclaration de guerre aux agents de la paix en services correctionnels. On ne se laissera pas faire», a lancé le président à ses membres.
Le président a promis que le Syndicat fera une tournée dans chacun des établissements, cet automne.
Sébastien Charlebois, secrétaire du Syndicat, indique que les offres faites aux agents de la paix en milieu correctionnel sont les mêmes que pour le reste de la fonction publique, soit 0 %, 0 %, 1 % et 1 % «et il n'y a aucune place à la négociation», dit-il.
En manifestant, lundi, «on voulait leur démontrer le support qu'on avait par rapport à notre comité de négociation», explique-t-il.
«Il y a un enjeu qui est relativement central aujourd'hui aussi et c'est le régime de retraite, parce que le gouvernement actuel a très peu de respect pour les travailleuses et les travailleurs de la fonction publique en général», a fait savoir hier le président du Conseil central CSN du Coeur-du-Québec qui était présent pour appuyer les manifestants.
Ce dernier estime que le travail des agents correctionnels a un côté «pénible». Étant donné la nature du travail en question, «si vous voulez augmenter l'âge de la retraite, allonger le tout, c'est vraiment néfaste», estime-t-il. On sait que le gouvernement voudrait faire passer à 62 ans l'âge du départ à la retraite.
«Notre régime de retraite est complètement à part du reste des fonctionnaires. On a notre régime de retraite des agents correctionnels qui inclut les agents correctionnel ainsi que nos cadres. Étant donné que notre milieu est relativement abrasif, surtout au niveau moral et au niveau physique aussi, on a accepté que notre régime de retraite nous coûte un peu plus cher pour être capable de partir un peu plus tôt. Notre régime est capitalisé, est en santé», plaide Sébastien Charlebois. Les rumeurs sont toutefois à l'effet que le gouvernement veut toucher même à ce régime-là, indique Paul Lavergne.