Le policier Kaven Deslauriers, avait reçu une absolution conditionnelle après l’affaire Alexis Vadeboncoeur. Il sera réintégré dans ses fonctions le 19 août prochain.

Affaire Vadeboncoeur: Kaven Deslauriers réintégré

Trois-Rivières — Kaven Deslauriers, le seul policier ayant été reconnu coupable de voies de fait simples à la suite de l’arrestation musclée d’Alexis Vadeboncoeur, en février 2013 à Trois-Rivières, pourra reprendre du service. Sa réintégration à la Direction de la police de Trois-Rivières a été confirmée, mardi soir, par une résolution du conseil municipal, votée à l’unanimité.

On se souviendra que Kaven Deslauriers, Marc-André Saint-Amant, Dominic Pronovost et Barbara Provencher avaient tous les quatre fait face à la justice après cette arrestation musclée, qui avait été effectuée à la suite d’un vol qualifié dans une pharmacie de Trois-Rivières. Les images de l’arrestation, captées par une caméra de surveillance, avaient fait le tour de la planète et entraîné la suspension des quatre policiers, qui ont été accusés au criminel.

Au terme du procès, seul Kaven Deslauriers avait été reconnu coupable de voies de fait simples. Ses trois collègues avaient été blanchis, puis réintégrés au service de police par la suite.

Kaven Deslauriers, qui ne possédait pas de statut permanent comme policier lorsqu’il a été suspendu après cette intervention musclée, avait finalement été congédié au cours des procédures judiciaires.

Or, une disposition de l’article 119 de la Loi sur la police permettra sa réintégration dès le 19 août, étant donné que le policier avait reçu une absolution conditionnelle, ce qui lui permettait de plaider des circonstances particulières pour favoriser sa réintégration, explique le directeur de police René Martin.

«Nous avons validé avec lui les circonstances particulières, soit la médiatisation du dossier, l’impact sur la personne, la sanction qu’il a eue, celle d’une absolution conditionnelle pour laquelle il a respecté l’ensemble des critères qui lui avaient été imposés», indique René Martin.

Kaven Deslauriers avait fait appel du verdict de culpabilité. Or, à la suite de discussions entre la Direction de la police et le syndicat, l’avis d’appel a été retiré, ce qui a permis de faire avancer les discussions entre les deux parties pour favoriser sa réintégration, explique le chef de police.

«On n’a aucun doute à l’effet que M. Deslauriers rencontre les exigences de la profession. Le lien de confiance est rétabli», signale M. Martin, qui expose toutefois que le policier, qui n’a pas été en service depuis plus de six ans, se verra offrir de la formation pour se remettre à niveau. «On ne ramène pas une personne après six ans sans lui donner une période de réadaptation. On va mettre tout en œuvre pour le réintégrer. On l’a fait l’an dernier avec les personnes visées par les mêmes accusations, et ça s’est très bien passé», mentionne M. Martin, rappelant que de cette façon, les quatre policiers impliqués dans cette histoire ont tous réintégré la Direction de la police. Notons par contre que Dominic Pronovost évolue désormais du côté de la Direction des incendies de Trois-Rivières.

«Ils étaient de bons policiers avant les événements de février 2013. Évidemment, nous sommes attachés avec la durée des procédures. Ces policiers avaient tous des dossiers vierges. On n’a aucun doute qu’ils sont en mesure tous les quatre de faire leur travail, y compris M. Deslauriers qui avait 5 ou 6 ans d’expérience au moment des événements, et qui pour nous, constituait un acquis au niveau du service», signale René Martin.

Notons toutefois que le Commissaire à la déontologie policière n’a toujours pas rendu sa décision dans le dossier de Kaven Deslauriers. S’il devait conclure à une suspension imposée au policier, cette suspension lui serait imposée dans le cadre des fonctions pour lesquelles il a été réintégré, mentionne René Martin. À ce jour, Barbara Provencher et Marc-André Saint-Amant ont tous deux été blanchis par la déontologie policière. C’est également le cas de Dominic Pronovost. Toutefois, le citoyen à l’origine de la plainte en déontologie contre M. Pronovost a porté ce jugement en appel.

Rappelons que dans ce dossier, Alexis Vadeboncoeur poursuit au civil les quatre policiers pour la somme de 490 000 $. Le procès s’est tenu en mars dernier et le juge dispose de six mois pour rendre son verdict.

Entre-temps, en mai dernier, Alexis Vadeboncoeur a été condamné à 15 mois de prison pour diverses infractions survenues après sa première journée au Carrefour formation Mauricie. Il avait plaidé coupable à des accusations de vente et distribution de cannabis, vente de cannabis à deux agents doubles et d’avoir offert du cannabis à des adultes.