Alexis Vadeboncoeur

Affaire Vadeboncoeur: à la juge de décider

TROIS-RIVIÈRES — Le sort des quatre policiers de Trois-Rivières, qui sont poursuivis par Alexis Vadeboncoeur pour une somme de 490 000 $, repose maintenant entre les mains de la juge Marie-Paule Gagnon.

Le procès civil de Dominic Pronovost, Barbara Provencher, Marc-André Saint-Amant et Kaven Deslauriers a en effet pris fin vendredi après-midi avec les plaidoiries de leur avocat, Me Jean-François Raymond.

Ce dernier a rappelé que les policiers avaient eux aussi des droits dont celui d’utiliser la force pour arrêter des individus, et ce, pas toujours dans des conditions idéales. Dans le cas présent, ils ont dû intervenir auprès d’un individu armé, possiblement dangereux, qui venait de commettre un vol dans une pharmacie et qui pouvait être intoxiqué. «Mes clients ne sont pas des automates. Ils étaient dans un état de stress constant ce soir-là», a-t-il indiqué.

Me Raymond a ainsi précisé que les policiers avaient donné de multiples commandements à Alexis Vadeboncoeur mais qu’en aucun temps, celui-ci avait écouté et obéi aux ordres. «Et aujourd’hui, il vient demander de punir les policiers. On n’exige pas d’eux la perfection, mais ils ont dû prendre plusieurs décisions rapides qui ont toutes été provoquées par le comportement d’Alexis Vadeboncoeur», a-t-il ajouté.

Dans sa poursuite, le jeune homme aux nombreuses frasques criminelles, réclame 490 000 $ en dommages et intérêts sous prétexte que les policiers ont utilisé une force excessive à son endroit puisqu’il était en état de soumission. Or, Me Raymond a rappelé qu’Alexis Vadeboncoeur avait assurément résisté à son arrestation puisqu’il avait lui-même plaidé coupable à un chef d’entrave pour les gestes posés le soir du 2 février 2013.

De toute façon, l’avocat estime que plusieurs éléments ont été plaidés hors preuve dans cette cause par la partie adverse puisque le jeune Vadeboncoeur n’a jamais témoigné sur les blessures qu’il aurait subies et pour lesquelles il réclame des dommages compensatoires et sur le lien de causalité entre celles-ci et l’éventuelle faute des policiers. Il a d’ailleurs déposé plus tôt cette semaine une requête en rejet de procédures. Celle-ci sera analysée par la juge à la lumière de l’ensemble de l’instruction.

Toujours dans le cadre des plaidoiries, Me Raymond a rappelé que trois des quatre policiers avaient été acquittés de toutes les accusations lors du procès criminel et que Kaven Deslauriers avait été certes été déclaré coupable mais d’une infraction moindre, soit celle de voies de fait simples.

Il a également fait état du témoignage de l’expert Denis Rancourt sur la fameuse vidéo de l’arrestation dont les images seraient accélérées par rapport à la réalité en raison du phénomène de compression et décompression des images. Du coup, il a insisté sur le fait que l’expert avait qualifié la force des frappes comme étant légère à modérée et que le coup de pied qui aurait été donné par l’agent Pronovost était «biomécaniquement» impossible.

D’autre part, il a évidemment été question des 25 000 $ que Vadeboncoeur a déjà reçus de la Ville de Trois-Rivières dans le cadre de la poursuite civile. Il y avait eu une entente hors cour entre les parties.

Or, la convention collective des policiers prévoit que la Ville doit rembourser les dommages et intérêts qui seraient imposés à ses policiers s’ils étaient reconnus coupables en matière civile, à moins d’une faute grave. Me Raymond a donc mis en garde la juge sur le fait que la Ville de Trois-Rivières pourrait contester la convention collective des policiers.

Enfin, il estime qu’un jugement en faveur d’Alexis Vadeboncoeur serait très dangereux puisque d’autres criminels pourraient agir de la même façon lors d’une arrestation afin de provoquer les policiers et ainsi les poursuivre au civil. Une décision devrait être rendue dans un délai de six mois.