L’affaire Wilson-Raybould (photo) et SNC-Lavalin fait ressortir des perceptions bien différentes, selon Mireille Lalancette, professeure en communication sociale à l’UQTR.

Affaire Jody Wilson-Raybould: «une question de perception»

Trois-Rivières — Professeure en communication sociale à l’Université du Québec à Trois-Rivières et chercheuse au Groupe de recherche en communication politique, Mireille Lalancette estime que la crise qui secoue présentement le gouvernement Trudeau dans le dossier de SNC-Lavalin «est une question de perception».

«Chacun essaie de travailler la vision des choses et chacun a des perceptions différentes de la situation. Ce qui sort, c’est que rien d’illégal n’a été fait», fait-elle valoir.

La chercheuse compare la position du gouvernement Trudeau avec ce qui avait été fait lors de la crise de 2008. «Ils ont sauvé des constructeurs automobiles, des banques pour que les emplois soient préservés et pour que les gens continuent à avoir confiance en l’économie», rappelle-t-elle.

Selon elle, ce que la population va retenir de toute cette saga qui oppose le premier ministre Justin Trudeau à la ministre démissionnaire Jody Wilson-Raybould, c’est «qu’il a voulu sauver des emplois», c’est-à-dire les 9000 emplois relevant de SNC-Lavalin. «De vouloir sauver des emplois, ce n’est pas une mauvaise chose», plaide-t-elle.

La professeure Lalancette constate que Mme Wilson- Raybould a l’impression d’avoir subi des pressions indues pour envisager un accord de réparation dans le dossier de SNC. M. Trudeau, de son côté, n’a visiblement pas cette opinion. «C’est à savoir qui va réussir à gagner la bataille des perceptions», dit-elle.

Selon Mme Lalancette, jusqu’à présent, «c’est elle (l’ancienne ministre Raybould) qui a l’air de quelqu’un qui ne voulait pas sauver 9000 emplois au Québec et faire en sorte que ça fonctionne.»

Mme Lalancette se demande pourquoi Mme Wilson-Raybould «a attendu si longtemps. Pourquoi, après ça, elle a négocié son changement au cabinet? Qu’est-ce qui fait qu’elle sort maintenant? Il y a toute une série de choses qu’on ne comprend pas dans ses motivations», fait-elle valoir.

«Le remaniement ministériel n’aurait pas eu lieu si Scott Brison (président du Conseil du Trésor) n’avait pas donné sa démission», croit-elle.

Cette crise sera-t-elle suffisante pour influencer le vote aux prochaines élections? Selon la professeure Lalancette, peut-être pas. «Il reste plusieurs mois. Même un seul mois en politique, c’est long», fait-elle valoir. Selon elle, la population retiendra surtout que le premier ministre Trudeau aura voulu sauver des emplois. «SNC est un fleuron québécois», fait-elle valoir.