Les deux propriétaires du restaurant de l’aéroport de Trois-Rivières, Martin Frigon et Suzanne Beaumont.

Aéroport de Trois-Rivières: le restaurant est à vendre

Trois-Rivières — Avis aux intéressés, le restaurant de l’aéroport de Trois-Rivières est à vendre au coût de 42 500 dollars. Et ce n’est pas par faute de clientèle, mais par manque de main-d’œuvre qui déjà, l’été dernier, aura poussé les propriétaires à fermer les lundis «pour essayer de prendre le dessus».

«Côté rendement du restaurant, il va très bien. On veut passer à autre chose et c’est beaucoup en raison de la pénurie d’employés. Ça nous oblige à travailler continuellement, sans arrêt et on est fatigué. Et c’est aussi pour des raisons personnelles alors qu’on est rendus proches aidants», confie Suzanne Beaumont.

Celle-ci travaillait à cet endroit depuis 2011 quand, quatre ans plus tard, elle et son conjoint, Martin Frigon, ont décidé de se lancer dans l’aventure, avec un bail annuel. «On est seulement en location, il y a du matériel, de l’équipement qui nous appartient», a-t-elle précisé.

Or, le couple ne peut compter que sur deux serveuses, disponibles seulement le week-end, et une amie, le dimanche. «On est en pénurie d’employés depuis un an et demi, deux ans. Il manque deux serveuses et deux personnes à l’arrière», raconte la copropriétaire.

Ce qui fait que le restaurant de l’aéroport est ouvert du mardi au dimanche, de 7 h à 14 h. «On ouvre les samedis soirs pour des soupers-spectacles et d’autres soirs aussi pour des réservations de groupe», tient-elle à indiquer.

Le commerce a beau être situé près d’une piste, les passagers ne constituent pas pour autant les principaux clients. «Dans le jour, en semaine, pour les menus midis, notre grosse clientèle, ce sont les travailleurs du secteur aéroportuaire. On en a aussi des deux secteurs industriels qui sont à côté de nous. À cela s’ajoute le monde de l’aviation. Mais les samedis et dimanches, ça vient de partout, en avion, en voiture et en ski-doo», se plaît à signaler Mme Beaumont.

D’ailleurs, dans la publicité retrouvée sur LesPAC, on y parle d’une clientèle fidèle et d’un restaurant qui compte 74 places assises, un stationnement, une scène pour spectacle et un permis d’alcool. «En pleine expansion, son emplacement stratégique assure la clientèle du parc aéroportuaire de Trois-Rivières, du secteur industriel, de la ville et des régions avoisinantes», peut-on lire sur ce site d’annonces classées.

Interrogée à savoir si les projets qui planent sur l’aéroport n’auraient pas pu les inciter à poursuivre les opérations, celle-ci admet que «depuis le mois de juillet, moi et mon mari, on en a parlé beaucoup».

«On en est venu à la décision que c’était mieux qu’on pense à nous. C’est sûr que ça va valoir beaucoup plus quand la nouvelle aérogare va être construite, il va y avoir encore plus de clientèle, mais c’est un choix vraiment personnel, on est rendu là. On espère pouvoir continuer à travailler ici, mais ça reste à la discrétion des futurs acheteurs. On est conscient de la perte qui nous attend dû à ça, mais c’est un choix personnel», a-t-elle conclu.