De gauche à droite: André Fournier, propriétaire d’ADF Diesel, Mario Desmarais, chef de l’administration et le député de Champlain, Pierre-Michel Auger.

ADF Diesel: investissement de 7,5 M $ et 30 emplois

(Saint-Stanislas) L’entreprise Groupe Fournier Diesel a annoncé, mardi, un investissement de 7,5 millions $ qui servira à agrandir de 47 000 pieds carrés sa maison-mère située à Saint-Stanislas-de-Champlain. Une trentaine de nouveaux emplois découleront de cet investissement.
ADF Diesel passera à son usine de Saint-Stanislas, de 90 employés à 120.

ADF Diesel passera donc, à son usine de Saint-Stanislas, de 90 employés à 120 sous peu. Cette entreprise familiale démarrée en 1982 par André Fournier, un fils d’agriculteur, compte 285 employés répartis aux quatre coins du Québec, soit à Sherbrooke, Québec, Alma, Candiac, Dorval, Toronto et au Pérou.

L’entreprise est basée en plein milieu rural, en face d’une ferme laitière. Mine de rien, les travaux qu’on y fait depuis 34 ans ont pris une ampleur remarquable, en particulier depuis 10 ans alors que ses activités ont connu une croissance de 263 % et que 51 % des ventes se font maintenant à l’extérieur du Québec et 10 %, à l’extérieur du pays.

André Fournier indique qu’il a su bien s’entourer et saisir les occasions d’affaires au bon moment. Il arrive tout droit d’un voyage d’affaires au Pérou où il a tissé des liens avec des compagnies minières. «On a commencé avec Cuba et après, avec le Maroc, un peu ailleurs en Afrique et maintenant au Pérou», dit-il. C’est tout un chemin parcouru si on tient compte qu’André Fournier a lancé son entreprise, il y a 34 ans, en faisant du neuf avec des moteurs au diesel usés qu’il allait chercher chez les récupérateurs de métal.

D’un pas énergique, il nous guide à l’intérieur d’un vaste entrepôt ou des centaines de moteurs au diesel de très grande taille sont disposés soigneusement les uns par-dessus les autres sur de solides étagères en acier. Certains sont rouillés, d’autres présentent des pièces usées ou cassées. «C’est ma matière première», explique-t-il avec fierté. «Personne n’y croyait au début», raconte-t-il. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

«On a tout en inventaire pour reconstruire à peu près n’importe quel moteur qui existe, de toutes les marques et de toutes les grosseurs», dit-il.

Jeune homme, André Fournier avait appris la mécanique du moteur diesel et s’est mis à remettre à neuf ceux qui étaient considérés comme finis.

Le projet final étonnait par sa fiabilité. Aujourd’hui, les moteurs au diesel usagés reconstruit par sa compagnie, ADF Diesel, sont vendus avec une garantie aussi longue que celle des moteurs neufs, et ce, pour la moitié du prix. Très vite, de plus en plus de moteurs ont cessé d’être acheminés au recyclage. Les industries préféraient les faire rebâtir. «On prend la matière première, c’est-à-dire un noyau fini et on rebâtit le moteur au complet et toutes les composantes du moteur», ce qui distingue d’ailleurs ADF Diesel de ses concurrents, explique M. Fournier.

L’entreprise compte notamment cinq salles d’injection, des salles d’usinage, des stations d’assemblage, des dynamomètres et des salles de peinture.

Le secteur minier représente un des plus gros clients d’ADF Diesel. C’est un véritable Eldorado. «Au Maroc, présentement, on parle de 500 à 600 mines légales», illustre le fondateur de l’entreprise. Les armateurs représentent aussi une grosse part du marché, de même que le secteur militaire étranger. «On a un contrat de 3 millions $ avec l’armée de Cuba», illustre le propriétaire.

«Au Canada, on a un bon marché, mais je pense que pour l’avenir, il faut aller à l’extérieur», indique M. Fournier.

Le député Pierre-Michel Auger est venu annoncer, au nom du gouvernement du Québec, une aide financière de 100 000 $ afin d’aider l’entreprise à accroître sa présence sur les marchés étrangers.

M. Fournier indique que la Bolivie lui a lancé des invitations lors de sa visite au Pérou.

Étant donné qu’ADF fait affaires avec autant de villes et de pays, présentement, on peut se demander pourquoi elle a choisi de rester à Saint-Stanislas. «L’avantage ici, c’est les taxes et les accommodements. Quand on arrive dans les grosses villes, tout coûte cher», fait-il valoir. «Et ici, le personnel est plus stable», explique-t-il. «On paie les mêmes salaires à la campagne qu’en ville. On a des employés qui travaillent ici depuis 26 ou 27 ans», fait-il valoir. «Ce sont les employés qui font la force de la compagnie», plaide le fondateur.