Qu’adviendra-t-il des camps de jour que les municipalités ont l’habitude d’offrir l’été?
Qu’adviendra-t-il des camps de jour que les municipalités ont l’habitude d’offrir l’été?

Activités estivales des enfants: «on attend les directives»

TROIS-RIVIÈRES — À quoi ressemblera l’été de nos jeunes dans la région? Voilà une question que bien des parents se posent ces jours-ci, alors que les mesures gouvernementales laissent poindre à l’horizon le début d’un déconfinement, pour lequel les détails se font toujours attendre. Camps de vacances, camps de jour, garderies et écoles s’entendent toutefois sur une seule chose: il faudra une directive claire de Québec pour prendre une décision... et mieux vaudrait que ces directives arrivent rapidement.

Tant à Trois-Rivières qu’à Shawinigan, les autorités municipales sont dans l’attente de directives de Québec avant de pouvoir confirmer si oui ou non, les camps de jour pourront avoir lieu. Dans les deux cas, les inscriptions ont été repoussées à une date ultérieure, et on a élaboré divers scénarios qui n’attendent que le feu vert pour se déployer sur le terrain.

«Le gouvernement nous a demandé d’attendre au 4 mai avant d’enclencher quoi que ce soit, alors on s’attend à avoir des nouvelles à ce moment-là. Mais on a déjà travaillé sur différents scénarios qui permettraient de respecter diverses mesures de distanciation sociale, dont l’idée d’avoir de moins grands groupes de jeunes, mais répartis sur plus de sites à la fois», note le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Guillaume Cholette-Janson.

«Ça a été discuté dans toutes les municipalités et il y a eu des représentations de la part de l’Union des municipalités du Québec également. On a différents scénarios, mais on est comme tout le monde et on attend les directives», ajoute François Saint-Onge, directeur des communications de la Ville de Shawinigan.

Au camp de jour du parc de l’Île Saint-Quentin, différents scénarios sont sur la table, en attendant les directives gouvernementales.

«On a fait des scénarios en prévision d’une ouverture normale, à la fin du calendrier scolaire, mais également pour une ouverture le 1er juillet et le 1er août. Mais il est évident qu’on ne peut rien faire tant qu’on n’a pas les directives du gouvernement. Plusieurs inscriptions sont déjà rentrées, et on va informer les parents dès qu’on le pourra», résume Stéphane Lamothe, directeur général de la Corporation du parc de l’Île Saint-Quentin.

Le populaire Camp du Lac-en-Cœur est lui aussi en mode attente, même s’il affiche pratiquement déjà complet pour l’été. Les inscriptions ayant été ouvertes à la mi-janvier, 1300 inscriptions sur une possibilité de 1550 sont donc en attente de réponses.

«Tout va dépendre des directives et des normes. Il faudra évaluer si nous pouvons les mettre en place. On a différents scénarios, on évalue les protocoles qui devraient être suivis selon les différentes activités qu’on offre», mentionne Martine Dupont, directrice générale du Camp du Lac-en-Coeur, ajoutant que les différents scénarios tiennent aussi compte que le camp puisse n’opérer qu’une partie de l’été, dépendemment de ce que le gouvernement décidera.

Écoles

Le dépôt la semaine prochaine d’un plan de réouverture progressive des écoles viendra peut-être répondre à plusieurs questions soulevées par les enseignants, les élèves et les parents, qui continuent d’avancer un peu dans le brouillard en ce moment.

Au Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, les questions des membres fusent de toutes parts depuis les dernières semaines, sans qu’on ait pour autant de réponses claires pour le moment.

Comment respecter la distanciation? Aura-t-on accès à des équipements de protection? Les enseignants vivant avec des gens vulnérables seront-ils obligés de revenir au travail? Quel suivi devra être fait avec les enfants qui choisiront de ne pas revenir à l’école tout de suite? Est-ce que ces suivis augmenteront la charge de travail? Qu’arrive-t-il avec les étudiants de l’éducation aux adultes qui souhaitent terminer leur formation à temps? Voilà quelques questions auxquelles aimerait bien pouvoir répondre la présidente du syndicat, Claudia Cousin.

«Le dialogue entre notre fédération et le ministère est bien présent, et nous avons aussi une bonne communication avec la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Mais il est clair que le personnel a beaucoup de questions, et que ça fait vivre de l’anxiété à plusieurs. Pour eux, le retour à l’école est encore difficile à imaginer», constate-t-elle.

Même son de cloche du côté du Syndicat de l’enseignement de la Mauricie, où la présidente Chantal Légaré indique que plusieurs enseignants sont craintifs à l’idée de voir les écoles rouvrir bientôt. «En plus, dans notre région, le CHSLD Laflèche est dans notre cour. Nous connaissons tous quelqu’un qui y travaille ou qui y réside. Ça a frappé l’imaginaire. Alors oui il y a des inquiétudes. On se demande comment faire pour respecter le 2 mètres de distance, surtout durant les déplacements, ou encore en éducation physique», mentionne-t-elle, soulignant être impatiente de connaître les directives de la Santé publique qui viendront avec le plan de réouverture graduelle, ce qui permettra au personnel enseignant d’avoir une meilleure idée de ce qui les attend.