Mohamed Yanis Chettah, 19 ans, est accusé de meurtre au premier degré et de complot pour meurtre sur un homme d’une cinquantaine d’années de Shawinigan.

Accusés de meurtre au premier degré: l’un des coaccusés est le beau-fils de la victime

Shawinigan — Mohamed Yanis Chettah, un individu de 19 ans de Shawinigan, et un jeune homme de 16 ans devront tous deux faire face à la plus grave accusation du Code criminel, soit meurtre au premier degré d’un homme dans la cinquantaine, survenu mardi matin dans un logement de la rue Dufresne à Shawinigan. Le jeune mineur, qu’on ne peut identifier en vertu de la Loi sur les jeunes contrevenants, est le beau-fils de la victime selon nos informations.

Les deux suspects ont effectivement été arrêtés dans la nuit de mardi à mercredi par les enquêteurs des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, puis amenés au palais de justice de Shawinigan en fin d’après-midi mercredi où ils ont comparu sous deux chefs d’accusation chacun. Outre celui de meurtre avec préméditation, les deux suspects sont également accusés de complot pour meurtre sur la victime de même que sur une autre personne, une femme également dans la cinquantaine. Les deux coaccusés n’ont pas de liens familiaux et ne seraient que des connaissances.

Selon l’acte d’accusation, les deux suspects auraient notamment poignardé la victime.

Mardi, sur les lieux du drame, plusieurs jeunes qui connaissaient le suspect mineur se sont présentés afin de savoir ce qui s’était produit. À l’annonce du décès de la victime, plusieurs d’entre eux pointaient déjà le suspect, qui n’avait pas encore été arrêté. Un des adolescents a d’ailleurs expliqué au Nouvelliste que le suspect âgé de 16 ans avait un comportement étrange depuis quelques mois, qu’il consommait régulièrement de la drogue et qu’il avait aussi en sa possession plusieurs couteaux, qu’il ne s’était pas gêné pour exhiber à quelques reprises à d’autres jeunes de son entourage. Il semble que ce groupe d’amis aient coupé les liens avec lui à la suite de ces événements dérangeants.

Le jeune mineur a comparu au Tribunal de la jeunesse, devant le juge David Bouchard. Devant une salle bondée de membres de la famille de la victime et de connaissances, il est demeuré sans émotion lorsqu’on lui a lu les chefs d’accusation. Vêtu d’une petite veste, menottes aux poings, il a écouté sans broncher le procureur lui faire la lecture de la liste des personnes avec qui il n’a pas le droit d’entrer en contact. Outre son coaccusé, plusieurs témoins impliqués dans l’enquête figurent parmi ces personnes.

Le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, a fait savoir au tribunal qu’il comptait demander à ce que le jeune homme soit assujetti à une peine pour adulte s’il devait plaider coupable ou être trouvé coupable au terme d’un éventuel procès. Selon Me Brin, cette demande sera étudiée en fonction des divers éléments au dossier et visera d’abord et avant tout la protection du public.

Le jeune homme reviendra devant le tribunal le 24 mars pour la suite des procédures. Il demeure détenu au Centre jeunesse d’ici là. Son avocate, Me Carla Veilleux, a préféré ne pas commenter le dossier à ce stade-ci.

Mohamed Yanis Chettah, qui aura 20 ans dans quelques jours, a pour sa part été amené au palais de justice de Shawinigan mercredi après-midi pour une brève comparution devant le juge Bouchard. Vêtu d’une combinaison blanche, il a pénétré dans la salle d’audience en fixant constamment le plancher. Ce n’est qu’à la demande du juge qu’il a relevé la tête pour entendre lui aussi la lecture de la liste des personnes avec qui il ne pourra entrer en contact à partir du centre de détention.

Lors de sa sortie de la salle d’audience, il a semblé verser quelques larmes avant d’être ramené vers le quartier cellulaire.

La procureure de la Couronne, Me Catherine Vincent, s’est opposée à sa remise en liberté et il devra revenir en cour le 1er mai prochain. Chettah est défendu par Me Jean-Sébastien Gladu.