Guylaine Mongrain, fait présentement face à la justice pour avoir présumément fraudé et volé plus de 173 000 $ à sa mère.

Accusée d’avoir fraudé sa mère inapte pour plus de 173 000 $

Trois-Rivières — Une dame de Trois-Rivières, Guylaine Mongrain, fait présentement face à la justice pour avoir présumément fraudé et volé plus de 173 000 $ à sa mère, alors inapte à s’occuper de ses affaires financières. Des montants qui auraient servi, en partie, à payer une mise de fonds sur une maison que l’accusée venait de s’acheter.

Le procès de la dame de 52 ans s’est ouvert mercredi au palais de justice de Trois-Rivières et devrait se dérouler sur deux jours. La poursuite, représentée par le procureur Me Julien Beauchamp-Laliberté, allègue que la dame se serait approprié des montants d’argent sans y avoir droit pour des fins personnelles à même les comptes bancaires de sa mère, de qui elle avait une procuration afin de gérer ses finances depuis que la présumée victime avait eu un diagnostic d’Alzheimer. L’accusée a plaidé non coupable à ces accusations de vol et de fraude de plus de 5000 $.

Bien qu’une série de retraits en espèces se chiffrant tous en quelques centaines de dollars aient été comptabilisés par l’enquêteur de la police de Trois-Rivières Pierre Gervais - des retraits qu’il qualifie de «douteux» - quatre montants beaucoup plus importants ont retenu l’attention de l’enquêteur et de la poursuite dans cette affaire, dont un transfert de fonds de 85 000 $ vers le compte de Guylaine Mongrain.

Un autre montant de 41 200 $ a également été transféré dans le compte de l’accusée, montant qui aura finalement servi à faire une mise de fonds sur une maison que venait de s’acheter Guylaine Mongrain.

L’affaire aurait éclaté au sein de la famille lorsque le frère de l’accusée aurait constaté des retraits non expliqués dans le compte de sa mère, en juin 2017. Toutefois, les montants mis en doute par la poursuite remontent jusqu’au début de l’année 2015.

Choqué de la situation, le frère de Mme Mongrain a contacté la résidence où sa mère demeurait pour dénoncer la situation. La direction a alors contacté le CIUSSS afin qu’une travailleuse sociale, Véronique Bazinet, intervienne dans le dossier.

Appelée à la barre des témoins mercredi, Mme Bazinet a indiqué qu’elle a contacté Guylaine Mongrain, d’abord pour lui demander de ne pas parler de cette chicane de famille devant sa mère, puisque cela lui générait beaucoup d’anxiété.

Au cours de cet appel, Mme Mongrain aurait voulu justifier la situation à la travailleuse sociale, disant avoir toujours agi de bonne foi et expliquant notamment qu’un montant de 41 200 $ avait en effet été versé du compte de sa mère au sien, mais que le tout avait été fait au moment où sa mère était encore apte à s’occuper de ses finances. Selon l’accusée, sa mère aurait voulu lui faire un don pour l’achat de sa maison. Mme Bazinet a cependant relevé que cette affirmation allait en contradiction avec les rapports médicaux de la présumée victime, puisque son inaptitude avait été déclarée en octobre 2015 et que ce présumé don avait été fait en mars 2016.

En outre, l’accusée aurait signifié avoir voulu se verser le montant de 85 000 $ afin de faire respecter les volontés de sa mère, toujours vivante à ce jour, qui lui aurait signifié qu’elle pourrait, après son décès, toucher l’héritage de la sœur de Mme Mongrain, décédée il y a quelques années.

Or, étant donné l’inaptitude de sa mère décrétée par le corps médical, Mme Mongrain aurait toujours échoué dans ses tentatives de faire modifier le testament, ce qu’elle soutenait être la volonté de sa mère. Une affirmation qui n’a cependant jamais été reconnue par le corps médical étant donné l’état de confusion de la dame lorsqu’on tentait de lui faire confirmer le tout, a relaté une autre témoin, la Dre France Beaucage, qui a assuré un certain suivi auprès de la présumée victime.

L’avocat de l’accusée, Me Maurice Biron, a questionné la travailleuse sociale, Véronique Bazinet, sur ses réelles intentions lors de l’appel téléphonique à Guylaine Mongrain, étant donné que c’est elle qui a entamé le protocole sociojudiciaire après cet appel téléphonique. Me Biron a tenté de savoir si l’objectif de Mme Bazinet n’avait justement pas été d’étoffer son dossier, ce que la témoin a nié.

Par ailleurs, Me Biron a aussi tenté de savoir à quoi correspondaient, outre les quatre importants retraits de 85 000 $, 41 200 $, 10 000 $ et 2000 $, les dizaines d’autres retraits en espèces qualifiés de «douteux» par l’enquêteur Gervais. Ce dernier n’a pas été en mesure d’identifier à quoi ont servi ces montants, mais a précisé du même souffle que l’accusée avait refusé de collaborer à son enquête.

Le procès se poursuivra vendredi, avec notamment le témoignage d’une directrice de banque où se trouvaient les comptes en question, de même que celui de membres de la famille, dont le frère de Guylaine Mongrain.