La CNESST a dévoilé son rapport d’enquête jeudi matin concernant le décès de Marco Beauchemin à l’entreprise Aliments Serval de Louiseville, en septembre dernier. On voit ici l'inspecteur Vincent Ouellette. 
La CNESST a dévoilé son rapport d’enquête jeudi matin concernant le décès de Marco Beauchemin à l’entreprise Aliments Serval de Louiseville, en septembre dernier. On voit ici l'inspecteur Vincent Ouellette. 

Accident de travail mortel à Louiseville: la gestion de la santé et sécurité était déficiente conclut la CNESST

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
La CNESST a dévoilé, jeudi matin, les conclusions de son rapport d’enquête sur le décès de Marco Beauchemin, un homme de 53 ans qui œuvrait à l’entreprise Aliments Serval Canada ltée de Louiseville, qui est mort écrasé sous une charge de près de 1000 kg le 16 septembre 2019. Selon l’enquête de la CNESST, la gestion de la santé et de la sécurité des travailleurs était déficiente à cet endroit puisque l’employeur maintenait une méthode d’entreposage dangereuse qui avait déjà été dénoncée par plusieurs travailleurs.

L’entreprise, qui produit du lait en poudre destiné aux animaux, avait commencé depuis le début de l’année 2019 à faire l’empilage des sacs de lait en poudre de
1000 kg par piles de trois plutôt que par piles de deux, afin de pouvoir sauver de l’espace d’entreposage. Or, révèle la CNESST, des incidents d’effondrement de ces piles se sont produits à au moins six reprises, souvent la nuit et heureusement sans jamais faire de blessé, jusqu’au 16 septembre 2019. Le rapport indique que les travailleurs auraient dénoncé les incidents à l’employeur, mais sans qu’aucun retour ne leur soit jamais donné.

Le jour de l’accident, le travailleur était affairé à mettre en place ces piles dans les entrepôts. Alors qu’il venait de déposer un premier sac sur le plancher, il a quitté son chariot élévateur afin de poser une feuille de contreplaqué sur le sac pour permettre d’empiler le second. À ce moment, la pile de trois sacs qui se trouvait juste à côté s’est effondrée et l’un des deux sacs est tombé directement sur le travailleur.

Des collègues ont dégagé le travailleur de cette charge avec un chariot élévateur et ont contacté les services d’urgence. Le décès du travailleur a été constaté au centre hospitalier.

La CNESST dit avoir constaté que non seulement les employés de l’entreprise avaient prévenu l’employeur avant l’incident afin de faire part de la dangerosité du système d’entreposage, mais que ce système ne respectait pas non plus les recommandations de sécurité émises par le constructeur de ces sacs dans lesquels étaient transporté le lait en poudre.

L’entreprise a non seulement été mise à l’amende mais a également dû revoir ses méthodes d’entreposage avant que la CNESST lui donne le feu vert pour la reprise de ses activités d’entreposage.

L’amende pour une telle infraction varie de 17 179 $ à 68 721 $ pour une première offense, et de 343 607 $ pour une récidive. La CNESST n’a toutefois pas précisé le montant de l’amende imposée à l’entreprise de Louiseville.

Par ailleurs, l’inspecteur au dossier, Vincent Ouellette, a insisté sur la nécessité pour les travailleurs et les employeurs de travailler ensemble en ce qui concerne la santé et la sécurité du travail. 

«L’esprit de la Loi sur la santé et la sécurité du travail est le paritarisme. Les travailleurs sont ceux qui font les tâches. À ce moment, ils constatent les problèmes et c’est super important qu’il y ait un lien direct avec la direction, et que quand les travailleurs disent qu’il y a un problème, qu’il y ait un retour de la direction pour corriger les problèmes constatés», a-t-il indiqué.