Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Accès à la propriété: Shawinigan demande l'appui de Québec

Visiblement ébranlée par la publication d'un autre décret de la population défavorable, la Ville de Shawinigan demande l'intervention de l'Assemblée nationale pour l'aider à attirer de nouveaux citoyens sur son territoire. Le conseil municipal souhaite ainsi l'adoption d'un projet de loi d'intérêt privé qui lui permettrait de créer un programme audacieux d'acquisition de propriété.
Une résolution en ce sens a été adoptée lors de la première séance publique de l'année, mardi soir à l'hôtel de ville. Dans son long préambule, elle précise notamment que depuis la fusion municipale en 2002, la population de Shawinigan est passée de 53 042 à 48 971 habitants, soit un recul de 7,7 % en 15 ans.
De plus, les élus expliquent que des démarches ont été entreprises au cours des derniers mois pour faire reconnaître un caractère supralocal à certaines infrastructures et ainsi, partager les «responsabilités budgétaires» afférentes avec les municipalités avoisinantes. Ces négociations se sont retrouvées dans un cul-de-sac lorsque le ministre Martin Coiteux a suggéré aux maires de s'entendre entre eux.
«(...) cette situation diminue l'efficacité d'une meilleure occupation du territoire au détriment de la Ville de Shawinigan qui dans ce contexte, ne peut maintenir sa compétitivité à l'égard de son taux d'imposition et ainsi, demeurer attractive», admettent les élus dans cette résolution.
Voilà pourquoi le conseil municipal considère qu'un programme d'accès à la propriété devient important pour attirer de nouvelles familles et retenir les jeunes à Shawinigan. 
Une initiative semblable avait été annoncée une première fois en 2007. Le programme a été renouvelé et bonifié à plusieurs occasions par la suite. Il prévoyait d'abord des crédits de taxes pour les nouvelles constructions, avant d'aller plus loin en étendant l'avantage pour l'acquisition de toute propriété à Shawinigan.
L'initiative a connu un certain succès, mais l'an dernier, le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire a remis en question la légalité de ces mesures car en principe, une Municipalité ne peut venir en aide financièrement à des particuliers. La Ville de Shawinigan emprunte donc une nouvelle voie pour réactiver un programme d'accès à la propriété que le maire, Michel Angers, prévoit très agressif.
«Si on veut garder nos infrastructures, il faut réussir à attirer des familles», explique-t-il. «Sur le plan fiscal, on est désavantagé par rapport aux petites municipalités, qui n'ont pas ces infrastructures à supporter. Au centre d'entrepreneuriat par exemple, on fait des choses intéressantes, on crée des emplois et ce ne sont pas seulement des gens de Shawinigan qui sont là. Ils viennent de partout!»
M. Angers considère que Shawinigan doit bénéficier d'un statut particulier, comme Montréal et Québec, pour éviter l'étalement urbain. Il demande donc au député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, de parrainer ce projet de loi privé. Pour le moment, la Ville cherche à obtenir le pouvoir d'instaurer un nouveau programme pour favoriser l'acquisition d'une propriété résidentielle. Les mesures concrètes seraient dévoilées plus tard.
«Nous n'avons pas pu renouveler notre programme en 2017 parce que le ministère des Affaires municipales nous a avertis qu'on ne pouvait plus faire ça», mentionne le maire. «Compte tenu de notre situation particulière, que nous sommes en déclin démographique et que notre population vieillit, nous demandons au gouvernement du Québec de nous donner un coup de main. Il ne paiera rien; c'est nous qui allons nous organiser pour attirer les familles. On veut créer des emplois, mais on veut aussi que les gens habitent chez nous. Si nous avons nos infrastructures et un crédit de taxes, on va être compétitifs.»
M. Angers mentionne que cette demande ne constitue pas une porte de sortie pour mettre fin aux discussions sur le financement des équipements supralocaux.
«Il faudra regarder comment on va appliquer nos choses en fonction de la réponse que nous avons eue du ministre», conclut-il.