Philippe Mailhot

Absolution conditionnelle pour Philippe Mailhot

Philippe Mailhot, cet ex-hockeyeur du défunt Blizzard de Saint-Gabriel-de-Brandon qui a agressé Louis-Étienne Leblanc lors d’une rencontre contre le Big Foot de Saint-Léonard-d’Aston en mars 2015, a finalement reçu une absolution conditionnelle pour ses gestes.

En vertu de la sentence qui a été prononcée mercredi avant-midi par le juge Bruno Leclerc au palais de justice de Joliette, Mailhot devra également compléter 240 heures de travaux communautaires et verser 4000 $ à une œuvre caritative de son choix. La sentence comprend aussi une période de probation de trois ans, au cours de laquelle il devra respecter plusieurs conditions, dont de ne pas pratiquer un sport dans un contexte organisé et de ne pas entrer en contact avec sa victime ou se trouver à proximité de celle-ci. Par ailleurs, Mailhot n’aura pas de casier judiciaire. Le juge Leclerc a donc retenu la suggestion de la défense plutôt que celle de la Couronne. Cette dernière réclamait plutôt une peine de 90 jours de prison à être purgés de façon discontinue en plus de la probation et des travaux communautaires.

Lors du prononcé de la sentence, le magistrat a indiqué que la preuve avait permis de conclure que les représentants de Saint-Gabriel-de-Brandon avaient discuté, avant le fameux match, d’une stratégie visant à déclencher une mêlée générale et que la victime faisait partie des joueurs visés en raison des rôles qu’ils jouaient au sein de la formation du Centre-du-Québec.
Après avoir qualifié d’inacceptables à plusieurs reprises les gestes de Mailhot lors de la présentation de son jugement, le juge a mentionné qu’il ne méritait pas d’avoir un casier judiciaire. Le juge justifie entre autres sa décision par le fait qu’il ait plaidé coupable, qu’il regrette d’avoir posé ces gestes, et qu’un casier judiciaire aurait des impacts négatifs importants sur sa vie, notamment sur le plan professionnel.

Néanmoins, il a dénoncé vertement que certaines ligues et organisations encouragent la violence afin de mousser le spectacle et plaire aux amateurs qui s’intéressent à leurs activités. Il ne croit cependant pas que décerner une peine en vertu de laquelle Mailhot se serait retrouvé avec un casier judiciaire constituait un bon moyen pour faire passer ce message et entraîner un changement de mentalité.

«Il n’a pas à subir la stupidité d’une ligue», a-t-il lancé devant l’audience et l’accusé.
Le juge a ajouté qu’il était également agacé par le fait que les bagarreurs soient fréquemment qualifiés de «policiers» dans le monde du hockey. Selon lui, ces matadors n’ont rien d’agents de la paix.

Louis-Étienne Leblanc

Vive déception

Pour sa part, Louis-Étienne Leblanc n’était pas présent lors de l’audience. En entrevue téléphonique, il a révélé être vivement déçu de la décision du juge, qu’il qualifie de trop clémente.
«Peu importe la décision, je n’allais pas être satisfait. Ma sentence à moi est pas mal plus grosse que la sienne. Je suis déçu parce que moi je me bats depuis trois ans pour lancer un message. Il a passé un peu, mais je pense que le juge avait une belle cause pour lancer le message que des trucs comme ça, on n’en veut plus. Avec un peu de prison, ça aurait fait réfléchir les joueurs qui pourraient porter ce type de geste.»

À 31 ans, M. Leblanc souffre encore de séquelles liées à l’attaque dont il a été victime, qui lui causent des maux de tête sporadiques. Il jongle actuellement avec la possibilité de se faire opérer à nouveau afin de réduire ces douleurs. Toutefois, une nouvelle chirurgie pourrait aggraver sa paralysie faciale, qui est actuellement de l’ordre de 26 % de son visage.
«Est-ce qu’on va attendre que quelqu’un soit paralysé pour agir? On sévit pour des dommages physiques, mais quand ce sont des dommages neurologiques et psychologiques, ça ne parait pas donc ce n’est pas si grave», soupire-t-il.

Alors que s’achève cette cause au niveau criminel, le clan Leblanc a aussi intenté une poursuite au niveau civil qui suit actuellement son cours.

On se souviendra que Philippe Mailhot avait plaidé coupable à une accusation réduite de voie de fait causant des lésions corporelles au lieu de voie de fait grave et que les événements sont survenus lors de la période d’échauffement d’un match des séries éliminatoires de l’ancienne Ligue de hockey senior A de la Mauricie. Pendant la mêlée générale, l’accusé avait asséné des coups de poing au visage de la victime tandis qu’un autre joueur du Blizzard, Kevin Talbot, avait quitté sa zone pour lui offrir un double échec. L’ancien défenseur du Big Foot s’était alors effondré sur la glace et avait été transporté à l’hôpital en ambulance. Il avait subi une double fracture du visage. Cette blessure avait nécessité une délicate opération de cinq heures.

Kevin Talbot avait quant à lui plaidé coupable à une accusation d’agression armée mais il avait bénéficié d’une absolution conditionnelle en plus de faire un don de 2000 $ au CAVAC et de se soumettre à une probation de deux ans.