Stéphane Boileau, directeur général de Tourisme Mauricie.
Stéphane Boileau, directeur général de Tourisme Mauricie.

Absence de festivals en 2020: un coup dur pour la région

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Au-delà de la déception des festivaliers et des organisateurs de festivals, l’absence de ces derniers se fait assurément sentir dans la région. Dans certains cas, c’est carrément un moteur d’attraction touristique qui n’a pas démarré cette année.

«C’est énorme, les retombées qu’on n’a pas. Ç’a été très dur pour la région, on l’a senti notamment dans les chiffres d’affaires dans les centres-villes», confirme Stéphane Boileau, directeur général de Tourisme Mauricie.

Heureusement, jusqu’à preuve du contraire, la pandémie n’a incité aucun festival de la région à fermer boutique. M. Boileau croit que l’aide gouvernementale, qui a permis aux événements de bénéficier d’au moins 80 % de l’Aide financière aux festivals et aux événements touristiques qu’ils devaient toucher cette année, a été d’un précieux secours. Cependant, il se dit conscient que la préparation de l’avenir nécessitera un important travail.

«Il faudra voir jusqu’où on peut aller, voir comment monter les événements en gardant en tête les exigences de la Santé publique, voir comment repartir la machine en 2021. Ça va être un travail de longue haleine, mais on va être là en appui. Ça va être important de le faire tout en respectant la spécificité de chaque événement», assure-t-il.

C’est d’ailleurs dans cette optique que Tourisme Mauricie a mis sur pied le projet Synergie, dans le but de rassembler les forces dans le domaine touristique et de favoriser la coopération entre événements, entreprises touristiques et territoires.

Yves Zahra, directeur général de TOurisme Centre-du-Québec.

«Mon souhait pour 2021, c’est qu’on puisse montrer que la solidarité et la créativité sont très présentes en Mauricie», souligne M. Boileau.

S’adapter pour survivre

Le directeur général de Tourisme Centre-du-Québec, Yves Zahra, ne rapporte lui non plus aucune disparition de festival liée à la COVID-19. Il salue lui aussi le soutien de Québec aux événements et dit demeurer optimiste pour l’avenir. Optimiste, mais pas jovialiste, nuance-t-il.

«Je pense que d’être privé d’événements va donner le goût à la population de retourner dans les festivals, mais j’ai une petite crainte qu’une partie de la population soit inquiète et résistante à y retourner dans un premier temps, du moins, tant qu’il n’y aura pas eu de signal clair que tout revient à la normale. Je veux être optimiste, mais pas trop jovialiste, sinon, les gens vont être déçus», croit M. Zahra.

Ce dernier prévient cependant que les festivals doivent revoir leurs façons de faire, s’ils veulent mettre toutes les chances de leur côté pour avoir une édition à présenter l’an prochain.

«Les festivaliers veulent avoir du plaisir, entendre un groupe musical, participer, danser, mais ils ne veulent pas être malades et rendre les autres malades. Ils veulent avoir du plaisir, mais de façon sécuritaire. L’événementiel va survivre, mais il va devoir s’adapter», conclut M. Zahra.

Comme Tourisme Mauricie, Tourisme Centre-du-Québec promet d’être là pour soutenir les festivals, comme l’ensemble de l’industrie touristique, dans cette transformation.