Les 1030 employés de l’entreprise, qui sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018, devraient analyser l’offre finale proposée lors d’une assemblée générale prévue le 2 juillet prochain.

ABI: vers un vote «plus divisé»

TROIS-RIVIÈRES — L’offre finale et globale soumise par la haute direction de l’Aluminerie de Bécancour aux travailleurs et travailleuses en lock-out devrait laisser place à un vote «plus divisé», selon le professeur en relations de travail à l’UQTR, Jean-Claude Bernatchez.

Pour lui, certains travailleurs n’ont plus assez de ressources pour éviter de ressentir les effets d’un conflit d’une telle durée. «Un lock-out aussi énorme a des conséquences directes sur la vie des familles. Les gens qui ne peuvent plus endurer les conséquences engendrées par la situation auront tout avantage à voter en faveur d’un retour au travail alors que ceux qui vivent encore très bien à travers tout ça voteront très probablement contre l’offre de l’employeur.»

M. Bernatchez croit d’ailleurs que l’influence politique, le clivage entre les parties et la comparaison faite par le Syndicat des Métallos entre l’offre actuelle et la toute première offre qui avait été soumise en novembre 2017 sont les trois raisons qui poussent l’exécutif syndical à recommander le refus de cette offre. Cependant, il n’est pas surpris de la tournure des événements considérant ces trois facteurs. «Des conséquences de cette envergure étaient inévitables concernant la tournure du conflit. Dès le départ, une fenêtre de négociations impliquant une entente rendant tout le monde heureux avait été exclue de la table. C’est une situation bien malheureuse.»

Le professeur en relations de travail mentionne aussi que l’opinion publique en lien avec le conflit n’a pas aidé à faire en sorte que l’exécutif recommande d’accepter l’offre. «Nous sommes dans une période où le syndicalisme n’est pas vu d’un très bon œil au Québec. La majorité des gens exprime clairement sa position et il n’y a rien de pire pour un travailleur qu’avoir le sentiment de se faire dire quoi faire par quelqu’un de l’extérieur», explique M. Bernatchez

Par ailleurs, plusieurs organismes de la région souhaitent ardemment que l’usine reprenne du service le plus tôt possible. «L’important pour nous, c’est que le conflit soit réglé le plus rapidement possible de façon à ce que l’usine recommence à engendrer des revenus profitant grandement à la région. Nous pensons également à toutes les familles qui sont impliquées dans le conflit et souhaitons que tout le monde trouve son compte dans le règlement de la situation», confie Maurice Richard, directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour. Il en va de même pour la Chambre de commerce et d’industrie du Cœur-du-Québec qui souhaite voir l’usine reprendre du service dans un futur proche.