Les employés étaient visiblement heureux, mardi, que le conflit qui durait depuis près de 18 mois prenne fin.

ABI: «une opportunité de passer à autre chose»

Trois-Rivières — Le règlement du conflit à l’Aluminerie de Bécancour se présente comme «une belle opportunité de passer à autre chose» pour le professeur en relations de travail à l’UQTR, Jean-Claude Bernatchez.

Selon ses dires, le règlement du conflit a modifié considérablement le profil de la main-d’œuvre au sein de l’entreprise. «La situation n’a d’autre choix que de laisser place à un rééquilibrage des nouvelles forces en présence. De nouvelles bases seront établies avec cette toute nouvelle entente. L’employeur devra tout de même gérer avec compétence s’il espère tisser des liens de qualité avec sa main-d’œuvre parce qu’il n’est pas à l’abri d’éventuels conflits qui pourraient surgir», assure-t-il.

Le lock-out ayant modifié le paysage au sein de la compagnie, il soutient également que le nouveau groupe d’employés devra saisir sa chance de s’imposer. «La bataille entre les deux parties a provoqué le départ de certains acteurs qui en ont eu assez du conflit. Il reste donc un groupe de jeunes motivés à prendre le contrôle de cette nouvelle réalité à l’ABI. Ceux-ci auront l’occasion de se faire valoir dans les prochaines années avec les futures décisions qui devront être prises.»

Jean-Claude Bernatchez avance d’ailleurs que la partie syndicale ne jouira pas de la même influence à l’intérieur de la compagnie à la suite de cette saga. «Une telle crise de confiance conclue par un retour au travail ne pourra épargner le syndicat. La relation s’en trouvera grandement affectée et devra être remodelée dans le futur», ajoute-t-il en plus de souligner que le départ de Clément Masse confirme la profondeur du clivage entre les parties.

En contrepartie, les principes d’une bonne négociation ont été bafoués par la partie patronale aux yeux du professeur. Les deux opposants auraient, semble-t-il, dû discuter davantage des différentes options à envisager pour que le dénouement n’affecte pas trop l’harmonie entre la machine syndicale et l’employeur. Il assure du moins que l’offre finale était d’une certaine qualité pour que les syndiqués décident de l’accepter malgré le refus recommandé.

Par ailleurs, M. Bernatchez est d’avis que les travailleurs, tout comme l’employeur, ont trouvé leur compte dans la nouvelle entente.

Le syndicat y gagnerait en ce qui a trait aux facteurs d’ambiance tels que le régime de retraite, le salaire ainsi que le respect de l’ancienneté, tandis que la haute direction se trouverait avantagée par sa nouvelle capacité à distribuer les charges de travail et le moindre poids des activités syndicales.