La situation est tendue sur la ligne de piquetage à l’Aluminerie de Bécancour. Un travailleur en lock-out et un gardien de sécurité se sont même lancé des bûches. Deux plaintes ont été déposées à la Sûreté du Québec relativement à cette dispute.

ABI: tension sur la ligne de piquetage

TROIS-RIVIÈRES — La médiation a beau se poursuivre dans le dossier de l’Aluminerie de Bécancour, la tension demeure vive sur la ligne de piquetage. Un travailleur en lock-out et un gardien de sécurité se sont même lancé des bûches lors d’une altercation, le week-end dernier, a appris Le Nouvelliste.

Dans une vidéo obtenue par Le Nouvelliste, il est possible de voir un travailleur lancer des bûches sur une route où se trouvent des lockoutés et des gardiens de sécurité. Deux des bûches atterrissent au pied d’un gardien qui aurait été atteint au tibia. N’appréciant vraisemblablement pas ce geste, il a saisi une des bûches et l’a projetée sur le dos du travailleur qui a répliqué en lui lançant aussi une bûche. Une échauffourée s’en est suivie avant qu’ils soient séparés par les gens présents.

La Sûreté du Québec s’est rendue sur place à la suite de cette dispute et elle a enregistré deux plaintes. «Deux plaintes d’agression armée reliées à cet événement ont été prises. Ce sont ce qu’on appelle des plaintes croisées, c’est-à-dire que chaque partie impliquée porte plainte contre l’autre», explique la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de Sûreté du Québec.

Les policiers sont régulièrement appelés sur la ligne de piquetage. «Nous nous déplaçons sur les lieux plusieurs fois par semaine en lien avec des appels reçus de part et d’autre concernant des dossiers, par exemple, de voies de fait, de méfait, de vol sur véhicule. C’est le genre de dossiers qui sont ouverts de temps à autre. Des enquêtes sont en cours. Il y a aussi beaucoup d’infractions contre l’ordre public», précise la sergente Cossette.

La compagnie Gardium est responsable de la sécurité sur la ligne de piquetage. L’un de ses gardiens fait d’ailleurs face à des accusations de voies de fait et de menaces de mort contre des employés de l’ABI à la suite d’événements survenus en mars dernier. Un autre de ses gardiens aurait été blessé en octobre dernier. Malgré tout, selon l’entreprise spécialisée dans les conflits de travail, la situation sur la ligne de piquetage n’est pas alarmante.

«Il y a toujours de la tension sur une ligne de piquetage, surtout après un an. C’est tout à fait normal que les gens soient impatients et on les comprend. Mais il n’y a pas de choses alarmantes. Et des plaintes, il y en a qui sont portées par nous et il y en a qui sont portées par eux», note Jean Marc-Aurèle, fondateur de Gardium Sécurité.

Rappelons également que des feux d’artifice avaient été allumés devant la résidence de cadres de l’ABI en pleine nuit en novembre dernier. Cet incident avait été suivi par un appel au calme de la part du syndicat.

La direction de l’ABI avait également porté plainte, en octobre, contre des syndiqués qui s’étaient introduits dans un édifice à Trois-Rivières où la partie patronale tenait une rencontre privée. L’enquête est toujours en cours relativement à cette manifestation.

Malgré tout, la médiation se poursuit. La date butoir pour permettre aux parties d’en arriver à une entente a été repoussée du 30 novembre au 21 décembre par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

Il n’a pas été possible de joindre la partie patronale ni le syndicat concernant l’incident de la fin de semaine dernière.