Le président d’Unifor section locale 184, Jean Simoneau, est venu appuyer son homologue de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse.

ABI: Soutien hebdomadaire de 2000 $ de Silicium Québec

Bécancour — Trois semaines après le déclenchement du lock-out, les appuis se multiplient à l’endroit des syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour. Non seulement le Syndicat des travailleurs de Bridgestone à Joliette (FIM-CSN) a-t-il annoncé mercredi une aide ponctuelle de 2500 dollars, mais la section locale 184 du Syndicat Unifor chez Silicium Québec a confirmé un soutien hebdomadaire de 2000 dollars pour toute la durée du conflit.

«Pour nos membres, c’est la moindre des choses que d’appuyer nos confrères en lock-out. Il faut se rappeler qu’en 2013, c’est nous qui étions aux prises avec un conflit de travail qui a duré huit mois et pendant tout ce temps, les membres de la section locale 9700 des Métallos nous ont supportés moralement et financièrement de façon très généreuse», a indiqué le président syndical de l’usine de silicium à Bécancour, Jean Simoneau.

Réunis en assemblée générale la semaine dernière, ses membres ont voté massivement en faveur d’un tel support financier, soit 15 dollars par membre par semaine prélevé d’une cotisation spéciale. 

«Il faut dénoncer ces comportements sauvages d’employeurs qui multiplient les lock-out pour des raisons trop souvent douteuses plutôt que de s’asseoir à la table et négocier de bonne foi», a ajouté l’invité du jour.


Dans son discours, celui-ci a souligné le courage des travailleurs de l’ABI qui «se battent pour améliorer leurs conditions de travail et défendre des principes de base du syndicalisme».

«Ces actions font grandir tout le mouvement syndical et même les conditions de travail de tous les travailleurs au Québec, incluant les gens antisyndicaux», poursuit M. Simoneau.

De mai à décembre 2013, les syndiqués de Silicium Québec avaient également subi un lock-out. Au cours de ces longs mois, la centaine de travailleurs auront vécu des périodes de chaleur, mais aussi des tempêtes de neige. L’entente de principe fut la bienvenue à quelques jours de Noël avant son adoption quelques jours plus tard.

Le dumping faisait mal à la seule usine de silicium-métal au Canada lors du conflit de travail. D’où la requête faite alors par l’entreprise auprès du Tribunal canadien du commerce parce que le marché canadien était inondé de silicium métallique produit en Chine.

Les démarches de l’entreprise avaient amené l’Agence des services frontaliers du Canada à lui donner raison. Par conséquent, l’Agence aura imposé des droits provisoires de 60 % du prix à l’exportation à tous les exportateurs de silicium-métal originaire ou exporté de la Chine. Ce jugement aurait permis de relancer les négociations. La baisse de la valeur du dollar canadien, qui favorise les exportations, aurait aussi facilité les pourparlers.

«Ce fut un long conflit. C’est important d’avoir des appuis, des soutiens. Le mouvement syndical est là. Les Métallos 9700 d’ABI, tout le monde connaît des gens qui travaillent ici d’une façon ou d’une autre. C’est important de faire notre part dans ce conflit-là», a-t-il confié en entrevue.

Selon lui, ce qui est difficile à vivre lors d’un lock-out, «c’est quelque chose qu’on n’a pas nécessairement prévu syndicalement».

«La partie syndicale voulait poursuivre les négociations. Ce n’est pas l’objectif de l’exécutif d’en arriver à un lock-out. On souhaite un règlement. Plus les mois s’étirent, plus la solidarité syndicale est importante pour venir en aide aux gens», souligne M. Simoneau. «À quelque part, le temps a fait en sorte que les choses se règlent un peu d’elles-mêmes», renchérit celui qui fait un lien entre le dossier de l’antidumping et le retour à la table des négociations.

D’ailleurs, ce dernier souhaite à ses confrères de l’ABI un retour à la table des négociations «pour négocier une convention collective de bonne foi».

«On se souvient de 2013. Vous étiez là pour nous backer et nous aider à passer au travers, nous serons derrière vous et vous allez passer au travers», leur a-t-il lancé sur un ton émotif.